Le futur du Brésil et de l’Amazonie se jouera en partie dans la fin du sentiment d’impunité, qui a marqué le mandat de Bolsonaro et n’a pas disparu, loin s’en faut. Un certain nombre d’actions menées par les partisans de l’ancien président en témoignent. La plus visible est l’attaque contre les institutions menée lors du putsch raté de la semaine dernière. Mais en arrière-plan, de façon plus discrète, une culture politique de refus de l’ordre démocratique reste très active. L’Amazonie est un de ses terrains, au point qu’on peut y voir une citadelle assiégée par les ultras bolsonaristes.

« Je n’ai pas envie de dire que les hommes politique seraient par nature corrompus, quoique… Je pense très sincèrement qu’ils n’ont pas tout à fait la conscience de l’immensité du phénomène avec lequel notre pays est aux ­prises. Et comme ils n’en ont pas la conscience, le public non plus. C’est la raison pour laquelle je tire cette sonnette d’alarme envers ce “ventre mou” qu’est le monde politique. »

Une partie importante des barons de la droite brésilienne et du centre droit exprime un rejet très clair et est obligée de marquer une solidarité fonctionnelle et légale auprès du président. Cela peut permettre à Lula de construire un front démocratique élargi autour duquel il obtiendra une collaboration fonctionnelle d’une partie de la droite et du centre droit qui jusqu’à présent était derrière Bolsonaro.

« L’idéologie woke, ou le wokisme, est ce qualificatif péjoratif ne reposant sur aucun fondement sérieux, mais qui permet de disqualifier comme un tout l’ensemble des forces contestataires issues des minorités ou des populations minorisées. Ce terme a notamment été intensément utilisé en France pour tenter de faire taire certains courants critiques au sein de la recherche en sciences humaines et sociales, portant notamment sur les questions de genre, d’identité sexuelle, de discrimination fondée sur l’appartenance religieuse, ethnique, etc. »

« Marc Tarabella a été exclu de sa qualité de membre » du PS. L’eurodéputé belge est cité dans le Qatargate, l’affaire de corruption au Parlement européen. Ce type d’exclusion est rarissime. Au PS on craint que le Qatargate ne gangrène l’image du parti. On peut donc être condamné et élu et n’être même pas inculpé et exclu. En la matière seul compte l’intérêt du parti.

Le régime semble être aux abois et il ne répond à la contestation qu’en durcissant la répression. Jusqu’où ira-t-il ? Car pour le moment, cette répression n’a pas été suffisante pour faire taire les opposants. Si les manifestants se font moins entendre, ils n’ont pas cédé et sont au contraire de plus en plus colère contre les autorités, et le régime se sent toujours menacé.

Officiellement, ce virage est censé couper l’herbe sous le pied de l’extrême droite, en lui contestant le monopole des sujets sur lesquels se sont bâtis ses succès électoraux. On peut toutefois y voir les résultats d’un mouvement plus général, observé partout en Europe : la diffusion d’un imaginaire normalement associé à la droite ou à l’extrême droite dans les partis libéraux ou socialistes

Les grands médias européens ont tendance à diviser et à cataloguer les migrants et les réfugiés en fonction de leur région d’origine. Ils alimentent ainsi la rhétorique populiste sur les “bons” et les “mauvais” immigrants. En tant que facilitateurs du débat public, ces derniers jouent un rôle démesuré dans la manière dont ces nouveaux arrivants sont accueillis. En décidant de la manière de présenter les faits, ils donnent le ton et le rythme pour que le public et les politiciens se forgent une opinion et agissent en conséquence.

Généralement les partis évitent de catégoriser autant l’électorat dans leur communication publique. Mais cela démontre le souhait du CD&V de redevenir le parti des enfants du baby boom. Il y aura donc une bataille des boomers entre surtout le CD&V, le VLD et la N-VA au nord du pays. Il y aura aussi une bataille des jeunes entre le Vlaams Belang, le PTB Groen et Vooruit. Une lutte des classes… d’age.

Le fondateur de l’agence de communication Exposure compare les montants dépensés par certains partis à des organisations dans le privé :  » La N-VA et le Vlaams Belang ont des dépenses qui sont similaires à celles de multinationales. Les autres partis comme l’Open Vld, Groen ou Vooruit consacrent des budgets dignes de PME. »