C’est désormais l’un des enjeux mondiaux principaux de la guerre initiée par la Russie en Ukraine. Cette dernière est l’une des grandes productrices de céréales du monde, surnommée le «grenier de l’Europe» et dont, notamment, les estomacs des habitants d’une partie importante du pourtour méditerranéen dépendent. Moscou, qui se sert sur la bête et n’hésite pas à détruire stocks et infrastructures ukrainiennes ou à voler en masse du matériel agricole, a fait de ces grains une arme géopolitique majeure.

La guerre en Ukraine a exacerbé la flambée des prix des matières premières énergétiques et agricoles, ce qui menace la sécurité alimentaire de millions de personnes dans les pays en développement. L’indice des prix des produits alimentaires de la FAO (Food and Agriculture Organisation) a augmenté de 12,6 % en mars 2022 et a atteint son plus haut niveau jamais enregistré.

La guerre en Ukraine a créé une légitime émotion qui ne doit pas se transformer en un piège empêchant de l’analyser de façon rationnelle. Face à l’émotion suscitée par les images de destructions et de souffrances du peuple ukrainien, la tentation serait d’intégrer le plus rapidement possible l’Ukraine au sein de la famille européenne. C’est du moins ce que demande explicitement le président ukrainien. Pourtant, quelques éléments de réflexion peuvent être soulignés.

Derrière les fruits et légumes que nous importons, y compris de pays européens, se cachent de nombreuses violations des droits humains. A la saison des fruits rouges, ce sont près de 100.000 personnes qui font la cueillette dans la région de Huelva. Elles sont nombreuses à devoir vivre dans des abris de fortune, au mépris des droits humains les plus fondamentaux.

Il faut augmenter le budget de la défense au nom du réalisme suite à la guerre en Ukraine Mais comment un « réaliste » peut-il expliquer que l’enjeu primordial est de dépenser plus alors que l’Europe dépense 4 fois plus que la Russie mais juge sa défense inefficace ? Comment un « réaliste » peut-il juger opportun de dépenser plus alors que notre industrie de défense est faible et largement dépendante des Américains ? Dépenser plus et ne pas affronter ces questions-là est une naïveté aussi confondante que celle qui a conduit au désinvestissement des forces armées du pays.

Sur Internet, il est devenu quasi impossible de ne pas être espionné ou suivi par les géants du secteur, Google en tête. En effet, vos goûts, vos intérêts, ce que vous lisez, achetez ou même où vous vous trouvez géographiquement intéressent grandement les sociétés spécialisées dans la publicité.Des sociétés, dont Google et Microsoft, vendent vos données personnelles récoltées sur le Net des centaines de fois par jour aux annonceurs.

Bien sûr, il y a dans cette guerre en Ukraine un enjeu de défense de valeurs et du droit international face à l’agression d’un pays pacifique et face aux crimes de guerre commis par la Russie. Mais les valeurs défendues par les Occidentaux dans leur soutien à l’Ukraine n’en sont pas l’unique moteur. Les Occidentaux doivent avoir la franchise et la lucidité d’admettre que s’ils réagissent avec autant de force, c’est parce que leurs intérêts sont en jeu.

La politique d’immigration du pays est devenue de plus en plus hostile aux réfugiés ces dernières années. «Zéro demandeur d’asile»: c’est l’objectif que la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, avait annoncé vouloir atteindre en 2019. Depuis, la situation des Syriens réfugiés au Danemark n’a fait qu’empirer, allant de la perte des aides jusqu’alors accordées par le gouvernement, aux menaces d’expulsion.