La puissance militaire au plus gros budget et à la technologie la plus avancée du monde a été défaite en Afghanistan. Les talibans ont aussi invalidé deux idées qui avaient profondément influencé les décisions du monde occidental. La première est que l’on peut exporter la démocratie et la transposer à l’étranger; la seconde, que l’armée américaine est la meilleure au monde.

La dépendance croissante du secteur des médias à l’égard des recettes tirées de la publicité numérique a eu pour effet de remettre le destin et l’orientation du journalisme aux mains des deux principales entreprises qui dominent ce marché, Google et Facebook. En effet, ces géants de la technologie tirent profit du travail des journalistes en s’appropriant la plus grosse part des recettes, au détriment notamment des petites et moyennes entreprises de presse.

Hervé Hasquin, historien et académicien, rappelle que « l’Etat ne se prononce pas ‘sur la manière de s’habiller et de pratiquer une religion’ au sein d’une même communauté politique ». Que faut-il entendre exactement par neutralité religieuse ? Pour rappel, l’actuel article 9 de la Convention européenne des Droits de l’Homme stipule sans ambiguïté le droit de manifester sa religion. Penchons-nous sur l’exemple français, tant vanté par les milieux laïcs belges.

Les inondations, les incendies de forêt, les températures records et les zoonoses n’ont échappé à personne. À ce titre, il est impossible d’ignorer la crise climatique et écologique et l’humanité se résigne peut-être à accepter que les graves dégâts que notre environnement naturel endure ne sont pas seulement une simple question de principes. Tout cela équivaut peut-être à un crime international.

Une lame de fond balaie les systèmes de santé et accroît la mortalité évitable : la commercialisation des soins, la privatisation des services de santé et surtout celle de la gestion des fonds de la sécurité sociale. Après les États-Unis et les pays en développement, la vague est aux portes de l’Europe. Déjà, la Suisse et la Hollande ont rendu obligatoire l’assurance santé contractée auprès d’un assureur privé. Et ailleurs, leur part dans les dépenses de santé ne cesse de croître – sans qu’aucune base scientifique solide n’étaie cette politique. Au contraire, on peut penser qu’après que les assurances aient été privatisées, l’accès aux soins se réduise ; les dépenses de santé flambent ; l’éthique professionnelle se détériore ; et la pratique de la médecine se déprofessionnalise.

Les deux camps partagent l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais alors que les techno-optimistes font confiance au capitalisme vert pour conduire la transformation de l’économie, les sceptiques suggèrent que l’addiction à la croissance est destructrice, et que l’on ne peut en guérir qu’en mettant un frein au gaspillage privé. La lutte contre le changement climatique, selon eux, est une lutte contre le capitalisme lui-même.

En gros, les partis sociaux-démocrates se répartissent aujourd’hui en 3 grandes catégories : (1) les figurants qui ont dégringolé autour de 5 % (tels le PS français, le PASOK grec ou le PvdA néerlandais) ; (2) les seconds rôles qui, avec 10-15%, ne pèsent plus vraiment sur l’échiquier politique de leurs pays (le SPD finlandais, le LSAP luxembourgeois, ou Vooruit en Flandre), auxquels on peut ajouter les stars déchues (SPÖ autrichien, SPD allemand ) détrônées à gauche par les Verts ; (3) les quelques partis encore capables, avec des résultats autour de 25-30%, de se hisser en haut de l’affiche : le PS portugais (le seul qui pète la forme), le PSOE (Espagne), le SAP (Suède) et … le PS francophone [3] .

À toutes les tristes vérités dévoilées aujourd’hui sur l’Afghanistan, jusque dans les grands médias, j’aimerais en ajouter une encore : la guerre, dès le début, fut affaire de politique, non pas en Afghanistan, mais bien aux États-Unis. L’Afghanistan ne fut jamais qu’une question secondaire. Selon le rapport de la commission d’enquête, les attentats terroristes du 11 septembre 2001 furent mis au point sur le territoire américain par des gens qui s’étaient préparés en Floride. Pour la plupart, ces individus étaient saoudiens. Le chef d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden, s’était replié en Afghanistan après avoir quitté le Soudan ; il s’établit bientôt au Pakistan et y demeura le restant de ses jours. Les dirigeants talibans de l’Afghanistan ne furent pas accusés d’avoir participé aux attentats du 11-Septembre.

Étoiles jaunes, des seringues qui forment des croix gammées et une question perverse qui revient “Qui?”. Un pronom d’apparence innocente qui cible en réalité “les juifs” et les accuse de bénéficier de la crise sanitaire. Dernièrement, dans les manifestations anti-pass sanitaire qui ont lieu chaque samedi en France depuis plusieurs semaines, un regain d’antisémitisme s’exprime. Avec une nouveauté: sa visibilité.

Il y a des moments où l’on aspire à entendre des voix d’autant plus fortes qu’elles sont calmes. Des moments où l’on rêve d’être à mille lieues de ces « torrents d’émotions jetables et de commentaires désinvoltes qui submergent nos vies », comme l’écrit le sociologue Todd Gitlin. Loin du charivari des plateaux de télévision populistes, où les invité(e)s disent n’importe quoi et pontifient à tour de bras. Si le péremptoire a presque toujours fait partie de la lutte politique, il atteint aujourd’hui un niveau de toxicité insoutenable, porté par un système qui pousse à la tribalisation et donc à la dégradation de la pensée.