Serait-ce le retour des Dr Folamour ? En tout cas, en agitant le grelot de la « dissuasion » pour tenter de se sortir du guêpier ukrainien et faire face aux sanctions, boycott et condamnations venues de partout, Vladimir Poutine peut se vanter d’avoir « réveillé » le spectre de l’ex-guerre froide, et soudain internationalisé ce qui s’annonçait comme une guerre essentiellement régionale, aux marches — et non pas au cœur — de l’Europe.

Stratégiques, idéologiques et historiques: les clés pour comprendre les raisons des opérations militaires en Ukraine. Pour y voir plus clair, il est indispensable d’examiner l’argumentaire déployé par les autorités russes pour justifier leurs actions. Dans la guerre en Ukraine, les non-dits sont tout aussi importants qui les discours. Le storytelling officiel ne dit pas tout. Mais il est en lui-même éloquent.

Il fallait bien sûr tenter de négocier sur les « garanties mutuelles de sécurité », et la France l’a fait — avec une liberté que n’a pas l’Allemagne, qui a choisi la dépendance énergétique envers la Russie —, mais il faut le faire en gardant à l’esprit que les « inquiétudes russes » sont un énorme mensonge. Ce qui inquiète la Russie ce n’est pas l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, c’est la poursuite du développement démocratique de l’Ukraine.

Cela fait 20 ans que le dossier de la sortie du nucléaire est sur la table. Oui, vous avez bien lu : 20 ans ! La dépendance vis-à-vis de Moscou ne sort pas de nulle part, même si l’approvisionnement reste limité pour la Belgique. Qui plus est, le monde politique fait aujourd’hui comme s’il détenait tous les leviers pour déterminer les prix de l’énergie, alors que ce n’est pas le cas.

Le départ de l’armée française du Mali, après neuf ans d’opérations contre les groupes jihadistes, sanctionne les limites d’une stratégie adoptée par les Occidentaux dans d’autres parties du globe, en Afghanistan notamment: la primauté de la réponse militaire à un fléau notoirement plus profond. « Le contre-terrorisme classique, certes, semble avoir les faveurs des partenaires internationaux. Cependant, il ne s’attaque qu’aux symptômes d’un mal déjà profond »