Bien entendu, sans la guerre en Ukraine, la stratégie énergétique du gouvernement belge aurait été différente. Mais les écologistes tentent désormais de faire croire que la fermeture totale du nucléaire n’était pas seule option sur laquelle ils ont effectivement travaillé et le MR singulièrement omet de préciser que leur dernier programme prévoyait bel et bien la construction de neuf nouvelles centrales au gaz ! En politique, plutôt que d’admettre que l’on change d’avis, on préfère généralement tordre la réalité.

Les proches de Vladimir Poutine sont dans le collimateur du gouvernement britannique. Les fameux oligarques, qui ont investi des fortunes dans le pays et particulièrement à Londres, peuvent faire l’objet de sanctions, comme le gel de leur patrimoine au Royaume-Uni voire la saisie de certains biens. Mais de nombreuses voix s’élèvent outre-Manche pour dénoncer la lenteur et l’inefficacité de ces mesures. Gina Miller est l’une d’entre elles. Experte en finance et figure de proue des anti-Brexit issus de la société civile, elle dénonce un capitalisme vicié et des élites complices.

Serait-ce le retour des Dr Folamour ? En tout cas, en agitant le grelot de la « dissuasion » pour tenter de se sortir du guêpier ukrainien et faire face aux sanctions, boycott et condamnations venues de partout, Vladimir Poutine peut se vanter d’avoir « réveillé » le spectre de l’ex-guerre froide, et soudain internationalisé ce qui s’annonçait comme une guerre essentiellement régionale, aux marches — et non pas au cœur — de l’Europe.

Stratégiques, idéologiques et historiques: les clés pour comprendre les raisons des opérations militaires en Ukraine. Pour y voir plus clair, il est indispensable d’examiner l’argumentaire déployé par les autorités russes pour justifier leurs actions. Dans la guerre en Ukraine, les non-dits sont tout aussi importants qui les discours. Le storytelling officiel ne dit pas tout. Mais il est en lui-même éloquent.

Il fallait bien sûr tenter de négocier sur les « garanties mutuelles de sécurité », et la France l’a fait — avec une liberté que n’a pas l’Allemagne, qui a choisi la dépendance énergétique envers la Russie —, mais il faut le faire en gardant à l’esprit que les « inquiétudes russes » sont un énorme mensonge. Ce qui inquiète la Russie ce n’est pas l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, c’est la poursuite du développement démocratique de l’Ukraine.