La croissance est aveugle en termes de finalité. Qu’elle soit désirée, orientée vers le bien-être, la qualité ou qu’elle soit subie… peu importe. Que l’on construise de nouvelles surfaces de logements de qualité ou que l’on entretienne ou reconstruise un parc dégradé à durée de vie courte, que l’on bâtisse des hôpitaux ou des ronds-points, que l’on investisse dans la transition verte ou dans des armes, que l’on se rue sur les terrasses de café ou dans les centres de test et de vaccination… tout cela est indifférent à court terme. La dépense se mue comptablement en richesse.

La principale explication de l’échec américain en Afghanistan est le choix d’une stratégie, entamée par le président Bush, mais ensuite poursuivie par le président Obama, basée quasiment exclusivement sur l’usage de la force. Le soutien au développement a été très peu important au regard des sommes colossales affectées aux opérations militaires.

À toutes les tristes vérités dévoilées aujourd’hui sur l’Afghanistan, jusque dans les grands médias, j’aimerais en ajouter une encore : la guerre, dès le début, fut affaire de politique, non pas en Afghanistan, mais bien aux États-Unis. L’Afghanistan ne fut jamais qu’une question secondaire. Selon le rapport de la commission d’enquête, les attentats terroristes du 11 septembre 2001 furent mis au point sur le territoire américain par des gens qui s’étaient préparés en Floride. Pour la plupart, ces individus étaient saoudiens. Le chef d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden, s’était replié en Afghanistan après avoir quitté le Soudan ; il s’établit bientôt au Pakistan et y demeura le restant de ses jours. Les dirigeants talibans de l’Afghanistan ne furent pas accusés d’avoir participé aux attentats du 11-Septembre.

Pour l’organisation Etat islamique (OEI), désignée sous son acronyme arabe de Daech, l’attaque de Kaboul représente l’opération la plus meurtrière jamais menée contre l’armée américaine, pourtant désignée comme l’ennemi « croisé » à abattre par Abou Bakr al-Baghdadi, le fondateur et pseudo-calife du groupe. Cette macabre « victoire » ne peut que conforter la position de Said al-Mawla, alias Abou Omar al-Turkmani, le successeur à la tête de l’OEI de Baghdadi, tué dans un raid américain en Syrie en octobre 2019.

Pendant 20 ans, l’immense fortune des Talibans a semé la mort, la destruction et a fait des ravages en Afghanistan. Elles sont complexes, les finances des Talibans, pas du tout monolithiques et structurellement articulées autour du vaste réseau criminel et mafieux opéré par le réseau Haqqani. Leurs revenus se déclinent en taxes prélevées sur leurs sujets, en trafic de narcotiques, en donations internationales, en investissements immobiliers hors des frontières du pays et en extorsions de compagnies étrangères installées dans les zones situées sous leur contrôle. Une certitude, les Talibans sont aujourd’hui bien plus riches et puissants que lors de l’invasion américaine de 2001.

L’ampleur de l’échec américain en Afghanistan est absolument saisissante. Il ne s’agit pas d’un échec des Démocrates ou des Républicains, mais bien d’une faillite définitive de la culture politique américaine, qui s’observe dans le manque d’intérêt des dirigeants politiques américains pour la compréhension des différentes sociétés. Tout cela est d’ailleurs tellement typique.

Première crise de politique étrangère pour le Président Biden, la guerre de 11 jours entre Israël et le Hamas a remis le Moyen-Orient au cœur de l’agenda politique à Washington, sur un sujet qui unit les Républicains mais divise les Démocrates. Sur le plan politique intérieur américain, la séquence a été intéressante pour ce qu’elle a révélé de l’évolution du parti démocrate, de son électorat et de l’opinion américaine sur ce dossier, mais aussi de la méthode Biden et des tensions au cœur d’une politique étrangère démocrate encore en gestation…

Benyamin Netanyahou ne sera bientôt plus Premier ministre d’Israël. Après 12 années au pouvoir, quel pays laissera-t-il derrière lui ? Netanyahou n’a pas toujours été cet incorrigible jusqu’au-boutiste que ses opposants (notamment en dehors d’Israël) voient en lui. Mais, la conservation du pouvoir a toujours revêtu une importance première pour Netanyahou, qui a par conséquent eu tendance à se concentrer davantage sur la séduction de sa base électorale que sur l’intérêt national.

Il y a un siècle, une pandémie de grippe a tué plus de gens que la Première Guerre mondiale. De nos jours, la pandémie de COVID-19 tue davantage d’Américains que toutes les guerres américaines depuis 1945. Mais il y a toutefois une grande différence : c’est que la science n’avait pas de vaccin contre le virus de la grippe à l’époque, alors qu’à présent plusieurs entreprises et pays produisent des vaccins contre la COVID-19. les États-Unis doivent devenir le fer de lance d’un groupe de pays riches dans un plan de vaccination du reste du monde dès aujourd’hui, avant même de mener à bien leur travail sur le plan national.

Toutes les forces d’Otan auront quitté l’Afghanistan le 11 septembre. Les soldats belges seront tous de retour à la mi-juin. Vingt ans de guerre pour quels résultats? « Tous les pays qui font partie du champ de bataille de la guerre perpétuelle – du Pakistan au Liban, de la Somalie au Mali, de l’Asie du Sud à l’Amérique latine – sont des zones de désastre plus grandes qu’il y a 20 ans Aucune organisation (terroriste) n’a été éliminée. En fait, de nouvelles apparaissent constamment, tandis que les autres se dispersent et gagnent d’autres zones du monde

Depuis le milieu des années 1980, l’inflation a disparu. Il faut remonter à 1982 pour trouver en France une hausse moyenne annuelle des prix à la consommation supérieure à 10%. La Banque centrale européenne voudrait bien avoir une inflation «inférieure à mais proche de 2%». Elle n’y arrive pas. Comme le constatait récemment le gouverneur de la Banque de France , «entre 1999 et 2007, l’inflation s’est établie en moyenne à 2,1%. Mais entre 2013 et 2019, elle n’est ressortie qu’à 1%. C’est nettement insuffisant.»

l est clair que l’Europe bénéficie depuis longtemps d’un multilatéralisme ancré dans le droit international et des institutions qui le défendent. Aujourd’hui, à une époque où l’ordre multilatéral est de plus en plus remis en question comme l’est un système judiciaire indépendant dans de nombreux coins du monde et en Europe même, préserver la légitimité et le mandat de la CPI devient un impératif.