Si l’implication des juridictions internationales ne pourra aboutir à court terme à une quelconque condamnation (de l’Etat russe ou de ses responsables), il faut reconnaître que le rythme du temps judiciaire n’est pas celui de l’action militaire et politique. C’est pourquoi l’urgence est ailleurs et qu’il est d’ordre diplomatique et humanitaire. Une urgence qui n’exclut pas l’adoption de nouvelles actions susceptibles de concrétiser enfin l’idée d’Europe puissance …

Depuis la victoire de Donald Trump en 2016 et celle de l’option Brexit, chacun devrait accueillir désormais les surprises électorales avec recul. Pourtant, l’hypothèse Le Pen est souvent balayée d’un revers de main, comme si une marque politique installée depuis cinquante ans et un contexte de crises multiples, ne pouvaient en tout premier lieu être le coeur du réacteur d’un spectaculaire accident électoral. Comme nous l’avons vu, l’humanisation de la candidate, par Zemmour interposé, est un des éléments ouvrant le champ de multiples autres possibilités.

Pour l’économiste Sergueï Gouriev, un embargo sur les importations d’hydrocarbures russes est la solution la plus rapide pour mettre un terme à la guerre, sans que cela ne règle tous les problèmes. Dans cet entretien, il revient également sur le rôle de la Chine dans le conflit, sur celui des oligarques russes ou encore sur le pouvoir par la peur exercé par Poutine.

Il y a parfois dans le déroulement d’une guerre, le massacre de trop, celui qui change le cours de l’histoire. Ce fut le cas avec le bombardement meurtrier du marché de Sarajevo, en 1995, poussant l’OTAN à intervenir contre les Serbes de Bosnie. La réaction unanime en Occident face à ces massacres changera-t-elle la donne comme elle a pu le faire dans d’autres conflits ? Pas si sûr, car si le degré d’horreur a grimpé, l’équation reste la même : personne en Occident n’est prêt à risquer une confrontation avec la Russie, puissance nucléaire