Si les appels à soutenir l’Ukraine sont compréhensibles et moralement justifiables, il ne faut pas perdre de vue les risques d’escalade, affirme le penseur et théoricien de l’École de Francfort. La guerre froide a appris aux Occidentaux que “les conflits avec les puissances nucléaires ne peuvent plus être ‘remportés’ dans le vrai sens du terme, du moins pas par des opérations militaires.”

Finalement ce qui risque de faire sauter ces facteurs bloquants ce sera la réalité. Financer le réarmement massif poussé par la guerre, faire face au trou béant laissé par le covid, les besoins colossaux d’investissement climat dans un contexte de rareté des ressources. Machiavel disait qu’en politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal. Avec l’impôt sur la fortune, on en est là.

Des soldats fatigués, un terrain boueux, des adversaires bien armés: la prochaine étape de la guerre pourrait s’avérer plus compliquée que prévu pour les forces de Poutine. Au bout de huit semaines de guerre, la question cruciale est de savoir si les Russes ont tiré la moindre leçon de cette catastrophique première phase et si le terrain de cette nouvelle campagne guerrière –des champs dégagés de l’autre côté de leur frontière– leur donnera un avantage au combat.