Les expériences se multiplient, dans lesquelles des citoyens tirés au sort se réunissent, s’informent et débattent sur des sujets majeurs, qu’il s’agisse du fédéralisme belge, des priorités européennes ou d’enjeux environnementaux. Mais un tabou subsiste : sauf à l’échelle locale, ces enceintes mises en place à l’initiative des autorités publiques ne possèdent pas de pouvoir de décision, les élus restant libres d’ignorer leurs propositions.

Il y a trois mois, la Transnistrie était un bout d’Europe coincé entre la Roumanie et l’Ukraine, discret, inconnu, l’endroit idéal pour bon nombre d’activités légales et illégales de la Russie. Cette région de la Moldavie, peuplée par une majorité de russophones, s’était déclarée « indépendante », sans pour autant être reconnue comme « état » par la communauté internationale. Mais aujourd’hui, dans le cadre de la guerre russe en Ukraine, la Transnistrie revêt d’une importance majeure, à cause de sa situation géographique et surtout, à cause d’une présence militaire russe importante.

Si les appels à soutenir l’Ukraine sont compréhensibles et moralement justifiables, il ne faut pas perdre de vue les risques d’escalade, affirme le penseur et théoricien de l’École de Francfort. La guerre froide a appris aux Occidentaux que “les conflits avec les puissances nucléaires ne peuvent plus être ‘remportés’ dans le vrai sens du terme, du moins pas par des opérations militaires.”