La dangereuse fragmentation du monde, un an après l’invasion de l’Ukraine

Mais le monde n’est pas bipolaire comme au temps de la guerre froide. La Chine s’invite dans la photo de cette semaine anniversaire, avec la visite de Wang Yi, le patron de la diplomatie chinoise, de Munich à Moscou. Hier, au côté de Poutine, il évoquait une relation « solide comme un rock » entre leurs deux pays, sans pour autant franchir le rubicon dans le soutien à la guerre russe.

Alors, que nous dit ce ballet des trois géants, à côté desquels les Européens sont, il faut l’admettre, relativement effacés, et le reste du monde un témoin agacé ? D’abord que l’issue de cette guerre va redéfinir le monde de demain, ce qui explique son ampleur.

Poutine a lancé son armée à l’assaut de l’Ukraine pour recréer une « sphère d’influence ». Cette invasion ratée s’est transformée en test du rapport de force entre une Russie qui se rêve encore impériale, et un Occident requinqué par ce défi à ses frontières.

Que Poutine l’emporte en Ukraine, et c’est toute la région qui est menacée, à commencer par la petite Moldavie ex-soviétique qui voit monter les périls ces derniers jours. Les conflits « gelés » depuis des années en Moldavie, en Géorgie, et d’autres situations précaires au Caucase et en Asie centrale s’en ressentiraient.

Pour les États-Unis, c’est devenu un test de crédibilité grandeur nature après la débâcle de Kaboul en août 2021, avec en ligne de mire la confrontation croissante avec la Chine. Comme le confie un diplomate européen, les Américains soutiennent l’Ukraine, mais ont la tête en Chine.

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