Accueillir l’Ukraine dans l’UE exige clarté et créativité

Boris Johnson se posant en promoteur de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne (UE) a sans doute de quoi inquiéter : on peut rêver mieux que l’architecte du Brexit comme héraut de l’élargissement. Mais le cas de l’Ukraine dépasse les contradictions. Le voyage important que viennent de faire les dirigeants de l’Union, les 2 et 3 février, à Kiev, en pleine guerre, a permis de réaffirmer la force du lien euro-ukrainien, auquel il convient à présent de trouver une forme institutionnelle.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil, Charles Michel, ont su trouver les mots, au côté du président Volodymyr Zelensky, pour dire la solidarité des Européens et leur foi dans le combat des Ukrainiens contre l’agresseur russe. La présence des quinze commissaires qui les ont accompagnés, les quelque 50 milliards d’euros consacrés depuis un an par Bruxelles à l’aide humanitaire, économique et militaire à Kiev, l’évolution réelle de l’UE sous l’effet de la guerre sont autant de signes d’un puissant engagement. Mais les Ukrainiens ne veulent pas seulement gagner la guerre que leur livre la Russie : ils veulent ne plus avoir à la redouter.

Pour cela, ils voient l’appartenance à l’UE, en plus de celle à l’OTAN, comme une protection – celle-là même dont jouissent les anciens pays du pacte de Varsovie, comme la Pologne. Leur désir d’Europe n’est pas nouveau : en 2013, c’est le refus de signer le traité d’association à l’UE par leur président d’alors, Viktor Ianoukovitch, sous la pression de Moscou, qui avait entraîné le soulèvement de Maïdan, la chute de ce président, puis, en représailles, l’annexion de la Crimée par Vladimir Poutine et la première intervention russe dans le Donbass. Ce désir d’Europe, cela fait dix ans que l’Ukraine le paie.

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