Nucléaire : opération rustine

Cette nouvelle proposition est motivée par un rapport arrivé sur la table du gouvernement fédéral et dont l’Écho et le Soir ont pu rendre compte dans leurs éditions de ce mardi matin. Un rapport d’Elia pour les capacités en électricité et de Fluxys pour les capacités en gaz d’ici à l’horizon 2030. Ce rapport est plutôt rassurant pour l’hiver actuel ainsi que pour l’hiver prochain. En revanche, il est plus critique pour l’hiver de la fin 2025- début 2026.

Il est important de comprendre pourquoi cet hiver-là et pas les autres. Théoriquement en 2025 nous aurons éteint les trois plus vieux réacteurs, Tihange 1, Doel 1 et Doel 2. Et nous n’aurons pas encore redémarré les deux réacteurs les plus récents, Doel 4 et Tihange 3. D’abord, parce que les négociations entre l’État Fédéral et Engie n’ont pas encore abouti sur ce redémarrage. On ne s’est notamment pas mis d’accord sur la prise en charge des déchets nucléaires qui sont actuellement à la charge d’Engie et que l’opérateur aimerait refiler à l’État Fédéral. Mais aussi surtout puisque même en cas d’accord, il faudra des travaux de maintenance et de sécurité. On ne pourra pas refaire partir ces réacteurs avant 2026.

L’idée de Tinne Van der Straeten, la ministre de l’Énergie, est la suivante :  économiser sur notre consommation en uranium pendant l’année 2025, de manière à reporter la production de nos trois plus vieilles centrales dans le courant de l’hiver 2025-2026. Un décalage dans le temps de quelques mois qui permettrait de passer cette période où nous sommes traditionnellement, c’est une question de climat, de gros consommateurs d’énergie. Après 2026, les deux centrales les plus récentes reprendraient du service, les plus âgées seraient démantelées.

La suite ici  : Nucléaire : opération rustine, l’édito de Fabrice Grosfilley