Les manifestations contre la politique « zéro Covid » prennent une ampleur inédite en Chine

De mémoire d’observateurs, c’est du jamais-vu depuis l’occupation de la place Tiananmen en juin 1989. Ce week-end, dans plusieurs villes de Chine, des centaines de personnes sont descendues spontanément dans les rues pour protester contre la politique « zéro Covid » draconienne des autorités chinoises. Fait encore plus rare, ils ont été nombreux à exprimer une hostilité envers le régime du président Xi Jinping et le Parti communiste chinois.

A Pékin, à Shanghai, à Wuhan (dans le centre du pays), à Urumqi (dans le Xinjiang)… les manifestants ont dénoncé les confinements inopinés, massifs et interminables à la découverte du moindre cas, les mises en quarantaine systématiques des cas contact dans des camps et les tests PCR négatifs exigés presque quotidiennement pour avoir accès à l’espace public. Ce mécontentement a été attisé par plusieurs cas très médiatisés dans lesquels les services d’urgence, lors d’accidents, auraient été ralentis par les restrictions sanitaires, avec des conséquences fatales.

Mais c’est l’incendie jeudi à Urumqi, la capitale de la province du Xinjiang (ouest), tuant dix personnes, qui a agi comme une étincelle, si ce n’est d’un embrasement général, d’une indignation collective.

De nombreux posts circulant sur les réseaux sociaux ont accusé les mesures anti-Covid d’avoir aggravé ce drame, des voitures garées depuis des semaines pour cause de confinement dans l’étroite ruelle menant à l’immeuble en flammes ayant entravé l’arrivée des secours. Malgré la censure, des dizaines de vidéos ont été postées montrant l’ampleur des mobilisations.

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