Après les inondations au Pakistan, réinventer le soft power occidental

Le Pakistan a souvent mauvaise presse dans les pays occidentaux. Accès d’extrémisme religieux, système politique dysfonctionnel, menaces de défaut sur la dette extérieure sur le modèle funeste du Sri Lanka : le tableau était déjà alarmant avant les inondations dévastatrices dont le pays a été la victime au cours des dernières semaines.

Ce désastre, qui a frappé notamment la grande province du Sind, a entraîné la mort d’au moins un millier de personnes. Les dégâts subis par les infrastructures se chiffreront en milliards de dollars. Cette situation dramatique doit être considérée pour ce qu’elle est : une préfiguration parmi bien d’autres des bouleversements à venir entraînés par le dérèglement climatique. Les pays les plus instables, politiquement et économiquement, y seront malheureusement les plus exposés.

De fait, l’aide dont le Pakistan a cruellement besoin n’a plus guère à voir avec celle habituellement mobilisée pour répondre à une catastrophe naturelle. Il ne s’agit plus seulement aujourd’hui de secours ponctuels avant un retour à la normale. Outre l’aide d’urgence, toujours indispensable, et l’attention portée à la situation alimentaire, qui pourrait se tendre sur place bien après le reflux des eaux, du fait de la destruction de centaines de milliers d’hectares de cultures, il faudrait aussi permettre au pays de se préparer à encaisser des chocs similaires à venir, alimentés par le même réchauffement climatique.

L’enjeu dépasse de beaucoup le seul Pakistan. Il est immense et place les pays les plus riches face à des responsabilités nouvelles. Pour une bonne partie du Sud global, ces pays portent en effet une responsabilité particulière dans ce dérèglement du fait de près de deux siècles d’un développement économique marqué par l’essor de l’industrie.

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