La Belgique, la faillite et Bart de Wever

Notre pays est en faillite, c’est la nouvelle Grèce de l’Europe. C’est la dernière affirmation de Bart de Wever, le président de la N-VA. Une comparaison choc dont est coutumier Bart de Wever. Évidemment la question c’est de savoir si c’est fondé.

La comparaison avec la Grèce est très contestable d’un point de vue statistique. La dette belge était fin 2021 de 108% du PIB, la dette Grecque est à 195%. Pour être plus précis, notre pays est plus proche de l’Espagne et du Portugal qui ont des dettes de 120% que de la Grèce. Nous nous éloignons des pays considérés comme modèle par Bart de Wever : les Pays-Bas (56%) ou la Suède (36%).

L’autre indicateur important c’est le déficit public : il est à 5,5% chez nous et à 7% en Grèce. Nous sommes en effet plus proches de la Grèce sur ce point, même si d’autres pays européens ont aussi creusé leur déficit après le covid. Le problème chez nous c’est que les prévisions montrent qu’il n’y aura pas d’amélioration dans les prochaines années à politique inchangée. Cela veut dire que les finances publiques se dégradent. Car ce déficit n’est pas ponctuel, il est structurel. La comparaison avec la Grèce est donc surtout politique.

Le discours de Bart de Wever est un classique. Le journaliste et historien Walter Pauli rappelait dans un papier comment les élites flamandes (et aussi un peu wallonnes) ont développé un discours dénigrant l’Etat unitaire puis l’Etat fédéral dès la fin des années 60. Pays de rien du tout, pays de singe (Eyskens), Etat défaillant (Verhofstadt), homme malade de l’Europe. Tout cela a précédé l’accusation de failed state lancée par Politico après les attentats de Paris.

Bart de Wever considère depuis très longtemps que la maison Belgique va s’effondrer sous le poids de ses déficits. Le plus souvent il ajoute que ces déficits sont liés au choix de la gauche et de la gauche francophone en particulier. Pourtant si on regarde le temps long, c’est beaucoup plus compliqué que ça cette histoire.

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