Jouer collectif

Alors bien sûr, on a le droit d’être déçu et critique. Parce que ce comité de concertation n’apporte pas de réponse concrète à un problème qui touche de plus en plus de citoyens. En espérant une mesure de contrôle des prix pris au niveau européen, la coalition Vivaldi parie sur l’avenir. Mais des paris, cela ne calme pas les angoisses.

Même déception en ce qui concerne l’élargissement du tarif social, ou l’imposition d’une cotisation de crise ou d’une taxe sur les superprofits du monde électrique. Les deux mesures sont dans l’air depuis longtemps. Elles font consensus. Il faut les appliquer. Même si évidemment ce n’est pas simple. Par exemple, décider qui a droit ou pas à un tarif “petites classes moyennes” quand on n’a pas de cadastre très précis des revenus est un fameux casse-tête. Mais c’est justement le rôle d’un gouvernement de résoudre les casse-têtes. Là, on a le sentiment que le monde politique a pris un temps de retard. Que la crise énergétique était prévisible, mais que les réponses ne sont pas tout à fait prêtes.

Alors est-ce qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain ? Non. Parce que ce comité de concertation a au moins un mérite, celui de sonner la mobilisation générale. Il n’y a pas encore de réponses pratiques, il y a quand même une prise de conscience de la gravité de la situation. Et dire qu’il n’y a rien eu de décidé n’est d’ailleurs pas tout à fait exact. La prolongation du tarif social, de la TVA à 6%, du chèque mazout, etc, sont de mesures qui coûtent des milliards à la collectivité.

Ce qui est le plus dommageable dans ce brouhaha politique, c’est la recherche systématique d’un bouc émissaire. La situation actuelle ? C’est à cause des écolos qui ne veulent pas prolonger le nucléaire… non, c’est à cause des libéraux qui n’ont rien anticipé lorsqu’ils avaient le portefeuille de l’énergie… ou encore, c’est à cause des générations précédentes qui ont privatisé le secteur de l’énergie.

La suite ici  : L’édito de Fabrice Grosfilley : jouer collectif