Guerre en Ukraine : six mois de conflit émaillés de crimes de guerre

Bombardements de civils, exécutions sommaires, viols… six mois après le début de l’invasion russe, le 24 février, plus de 29 000 crimes de guerre présumés ont déjà été signalés aux services du procureur général d’Ukraine, Andriy Kostin, et enregistrées sur le site Warcrimes.gov.ua, un « hub informatique » pour les diverses institutions ukrainiennes. Le site fait aussi état de la mort de 373 enfants, sans compter les victimes potentielles dans les zones encore occupées par l’armée russe. A ce jour, 624 commanditaires russes présumés ont été identifiés.

La Cour pénale internationale (CPI), qui a qualifié l’Ukraine de « scène de crime », a ouvert, début mars, une enquête sur de possibles crimes de guerre, après avoir reçu le feu vert de quarante-trois Etats. Quelque quatorze pays européens enquêtent également sur le terrain à travers une équipe commune d’enquête qui travaille en coopération avec la CPI. Des ONG comme Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), mais aussi le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, des associations d’avocats et des volontaires travaillent à la collecte de preuves qui deviendront un jour l’or noir des procès pénaux internationaux.

L’Ukraine mène, quant à elle, ses propres investigations, lesquelles ont débouché sur de premiers procès. Deux soldats russes ont été condamnés, en mai, à onze ans et demi de prison par un tribunal ukrainien pour avoir bombardé des zones civiles, tandis qu’un autre a été emprisonné à perpétuité pour le meurtre d’un civil, avant de voir sa peine réduite à quinze ans de prison.

La Russie nie systématiquement toutes les exactions dont ses troupes sont accusées. Et elle accuse en retour l’Ukraine de crimes de guerre.

(…) Début août, une enquête d’Amnesty International accusant l’Ukraine d’installer des infrastructures militaires dans des zones habitées, en violation du droit international humanitaire, a déclenché l’une des plus explosives polémiques pour une grande ONG ces dernières années.

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