Crise sanitaire et crise de biodiversité : un même problème et une même solution

Alors qu’on connait bien la crise climatique grâce au travail du Giec, la crise de la biodiversité reste encore confidentielle. Climat et biodiversité font plus largement partie des neuf processus qui déterminent la stabilité des conditions favorables dans lesquelles l’humanité peut se maintenir. Malheureusement, les « limites planétaires » concernant le climat et la biodiversité ont maintenant été dépassées.

En quoi la crise de biodiversité actuelle met-elle en péril la survie de l’humanité ? Le taux d’extinction (soit le nombre d’espèces qui disparaissent par million d’espèces et par million d’années) est actuellement 100 à 1.000 fois plus élevé que le taux d’extinction habituel. Il s’agit donc d’une crise environnementale majeure car 75% ou plus des espèces vivantes sur terre vont disparaitre en quelques dizaines de milliers d’années. Il y a 65 millions d’années, une crise d’extinction massive précédente a eu lieu, emportant notamment les dinosaures. La crise d’extinction actuelle, la sixième depuis que la vie existe sur terre, concerne l’extermination d’un million d’espèces dans les trois prochaines décennies, soit 10% de toutes les espèces vivant actuellement. Cette crise biologique est unique dans l’histoire de la terre en ce que, comme la pandémie de covid, elle est causée uniquement par les activités humaines. Aujourd’hui, presque toutes les espèces de grande taille, à part l’espèce humaine et les espèces animales dont nous nous nourrissons (bœuf, mouton,…) sont en voie d’extinction. Ce n’est pas anodin. Près de la moitié des vertébrés terrestres, dont les mammifères, et les oiseaux, ont vu leurs populations décliner de 80% les dernières décennies (2). Il est peu probable qu’Homo sapiens et les espèces animales dont nous nous nourrissons en élevage se maintiendront à moyen terme.

La suite ici : Carta Academica: Crise sanitaire et crise de biodiversité : un même problème et une même solution