Engie au pays des singes

L’Etat producteur d’énergie. Voilà une proposition d’Engie qui sur papier ne devrait pas déplaire tout à fait au PTB. De longue date, le parti marxiste juge que la privatisation du secteur était une erreur et exige une participation publique dans la production d’énergie. Bien sûr le PTB dénonce les conditions d’Engie. Mais il faut souligner le retour en grâce de l’Etat dans la production d’électricité. Un thème que le PTB porte de longue date.

Plus étonnant, à première vue, l’Etat producteur fait aussi son grand retour chez les libéraux. Georges Louis Bouchez adore se draper dans un discours viril et dire qu’il est prêt à ce que l’Etat force la main à Engie. Pourquoi pas en reprenant les réacteurs nucléaires. Il a plusieurs fois fait référence à ce qui est selon lui l’âge d’or de la politique énergétique Belge : l’époque ou Tractebel (aux mains de la Générale) jouissait d’un monopole de la production.

Or, ce qui est assez interpellant c’est qu’Engie, ne semble pas désintéressée d’un tel retour de l’Etat producteur. Dans la lettre que le groupe français a envoyée au Premier ministre, Engie propose un cofinancement des travaux de prolongation des deux centrales nucléaire. L’Etat deviendrait copropriétaire, coexploitant.

L’Etat et le nucléaire ne semblent pas pouvoir se trouver trop loin l’un de l’autre. En France, le nucléaire reste adossé en dernier ressort à l’Etat. En Allemagne, l’Etat a accordé une décharge de responsabilité aux exploitants pour la gestion des déchets au-delà de 24 milliards d’euros.

Selon Engie, l’Etat qui voudrait prolonger les réacteurs devrait donc d’une manière ou d’une autre prendre en charge une partie du coût du risque. Le risque d’une envolée des coûts de traitements de déchets (dont le sort n’a pas encore été décidé par l’Etat), les risques d’une envolée des coûts du démantèlement, le risque enfin d’une envolée des coûts de production liés à la sûreté nucléaire

La suite ici  : Engie au pays des singes