France. Présidentielle 2022 : la discrétion de l’Eglise catholique face à l’extrême droite

Longtemps, l’Eglise catholique a semblé constituer un barrage à l’influence du Front national : plus les électeurs étaient pratiquants, moins ils votaient pour l’extrême droite. Ce n’est plus le cas. Quarante pour cent des catholiques se déclarant pratiquants réguliers (contre 32,4 % de l’ensemble des Français) ont voté pour l’un des trois candidats d’extrême droite présents au premier tour de l’élection présidentielle, selon un sondage de l’Ifop réalisé pour La Croix le 10 avril. Ils ont même été 16 % à choisir Eric Zemmour, contre 7 % de moyenne nationale.

Cette radicalisation de l’électorat catholique est à rapprocher du mouvement général de déchristianisation de la société. Repliée sur son noyau dur de fidèles, confrontée à la montée de l’islam, l’Eglise est tentée par un repli sur un message identitaire. Comme si achevait de se refermer la longue période de renouveau progressiste et d’ouverture sur la société et le monde consécutive à l’après-guerre et au concile Vatican II.

Dans ce contexte, l’étrange discrétion des évêques à la veille du second tour où s’affrontent Marine Le Pen à Emmanuel Macron interroge. Alors que des responsables protestants, juifs et musulmans mettent en garde contre l’extrême droite, la Conférence des évêques de France (CEF) se contente d’inviter à voter « en conscience, à la lumière de l’Evangile et de la doctrine sociale de l’Eglise », comme si elle renvoyait dos à dos le président sortant et la candidate d’extrême droite.

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