Le contrôle des prix: une urgence sociale

Dans le monde d’antan – c’est-à-dire d’il y a une vingtaine d’années seulement – il suffisait de relever les taux d’intérêt afin de tempérer la croissance économique elle-même génératrice d’inflation. Dans la conjoncture actuelle marquée par une croissance tout sauf classique, car redevable pour beaucoup aux générosités étatiques suite à la Covid, et burinée par une guerre, une inflation qui serait circonscrite par des prix strictement contrôlés déroulerait moins d’effets pervers sur nos économies fragiles que des brutales remontées de taux.

Voilà pourquoi des interventions chirurgicales s’imposent dans le sens d’une mise sous tutelle de certains produits et denrées essentiels, tout comme de certains services vitaux liés à l’activité et à la vie quotidienne du citoyen.

Le contrôle des prix fait donc partie intégrante de l’attirail à disposition des autorités qui se doivent de lutter contre les comportements monopolistiques et de concurrence déloyale de nombre de producteurs fixant arbitrairement leurs tarifs. Les marchés libres sont loin d’être parfaits, ni même tout bonnement libres. De même, le mythe selon lequel ces mêmes marchés parviennent au plein emploi en ajustant de manière optimale les prix a vécu ! Les exemples sont en effet légion où d’importantes entreprises – présidentiellement indifférentes à l’aggravation de l’inflation – se sont récemment enrichies davantage en haussant leurs prix. En vertu de quel principe daté devait-on s’empêcher de soigneusement sélectionner des produits et des services dont les prix devront être provisoirement maintenus sous certains niveaux critiques ?

La suite ici  : Le contrôle des prix: une urgence sociale – Michel Santi