Crise du pouvoir d’achat : agir sur les revenus plutôt que sur les prix

La crise socio-économique va s’amplifier encore alors que le recul des prix énergétiques, il y a peu encore dans la ligne de mire, n’est plus pour demain ; c’est même de nouvelles augmentations qu’il faut craindre ; des hausses de prix potentiellement importantes vont concerner d’autres produits essentiels (le pain et la farine certainement, peut-être aussi d’autres consommations comme l’huile).

Cette inflation inquiète, à juste titre, en particulier les ménages dont la structure de consommation fait qu’ils sont plus fortement impactés que d’autres par ces hausses de prix ; la classe moyenne, en tout cas inférieure, souffre aussi, d’autant plus que les carburants routiers voient leur prix augmenter.

Cette situation donne lieu à un festival de bonnes et moins bonnes idées ; l’immense majorité des propositions sur la table vise à faire baisser les prix. Cependant, cette approche n’est pas tenable dans la durée, pour plusieurs raisons :

  1. si les hausses des prix énergétiques continuent, même une activation complète des cliquets possibles (carburants) ou imaginés (électricité) ne suffira pas ;
  2. baisser les prix conduit à aider de gros consommateurs qui, en général, sont plus à même d’absorber les chocs ;
  3. même les tarifs dits sociaux vont enregistrer de fortes hausses, au moins pendant toute l’année 2022 ;
  4. l’équité entre les profils de consommateurs et les vecteurs énergétiques est difficile à assurer, d’autant plus que les prix relatifs (par exemple entre le gaz et le mazout) se modifient en permanence en fonction des marchés ;
  5. d’autres hausses se profilent, sur des consommations tout aussi importantes, symboliquement et économiquement ; le pain est ici une bonne illustration ; or les moyens fiscaux de réduire ces hausses là sont inexistants ou très limités ; on peut bien sûr, et cela vaut aussi pour l’énergie, contrôler les prix ou subsidier les consommations concernées, mais les effets à moyen terme de ce genre de politiques sont en général contre-productifs, y compris sur le plan de l’équité ; on ne va pas non plus multiplier les dispositifs qui visent les prix (une baisse de TVA par ci, un cliquet par là, encore un autre dispositif pour le mazout, demain des chèques et autres subsides pour divers produits alimentaires, etc.) ;