Aux Etats-Unis, un Parti républicain sans vergogne

Des mois durant, le Parti républicain s’était indigné. Rien n’était fondé, assurait-il, dans les accusations portées contre les dizaines de lois électorales adoptées au pas de charge dans les Etats conservateurs après la défaite de Donald Trump face à Joe Biden. Les défenseurs des droits civiques avaient tort de croire qu’elles visaient principalement à corseter le vote de minorités jugées majoritairement favorables au Parti démocrate, à commencer par les électeurs afro-américains, en violation du Voting Rights Act, l’une des victoires majeures obtenues par le mouvement pour les droits civiques, en 1965.

La majorité conservatrice de la Cour suprême des Etats-Unis a pourtant confirmé leurs inquiétudes en portant, le 7 février, un nouveau coup à ce monument de la lutte contre les discriminations. Elle a en effet invalidé la décision d’une Cour d’appel qui avait elle-même jugé non conforme au droit un redécoupage électoral voté par les élus républicains de l’Alabama.

Ce charcutage, l’une des plaies purulentes d’une démocratie américaine en piètre santé, permet de concentrer le vote noir dans une seule des sept circonscriptions de cet Etat sudiste, théâtre il y a un demi-siècle de marches qui ont fait l’histoire. Une injustice d’autant plus scandaleuse que les Afro-Américains comptent pour 27 % de la population de l’Alabama. Cette carte électorale inique sera en vigueur pour les prochaines élections avant un jugement sur le fond que les défenseurs des droits ne peuvent désormais que redouter.

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