Est-il temps de briser le tabou sur l’avenir de la monarchie anglaise ?

Le moment est-il venu pour la Grande-Bretagne de parler de l’avenir de l’élément le plus central de la constitution britannique – la monarchie?  Presque tous les efforts pour entamer cette discussion se heurtent au mur de briques de l’affection extraordinaire que la nation a pour la Reine. Je peux témoigner, en tant que ministre pendant huit ans au Foreign Office, du respect, voire de l’amour ou de la vénération dont la reine jouit dans le monde entier et surtout en France.

Mais un monarque n’est pas la monarchie. L’avenir de la royauté anglaise est une question que l’on doit se poser.

La fragilité croissante de la reine depuis la mort de son mari, le prince Philip, en juin dernier, est évidente pour tous. Elle vient d’annuler la fête de Noël qui, chaque année sous son règne, rassemble enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants et autres membres de sa famille très étendue – et financée par les contribuables britanniques –, pour réaffirmer à la nation tout entière la centralité de la famille royale.

Pour la première fois, elle n’a pas pu assister à la grande cérémonie du 11-Novembre. Elle ne monte plus à cheval et elle se sert d’une canne. Les apparitions publiques sont interrompues jusqu’en 2022. Elle a accepté les lettres de créance du nouvel ambassadeur suisse sur Zoom. Sur les rares photographies, elle semble fatiguée et a les traits tirés.

À un certain moment, sa fragilité deviendra une question publique et politique. Elle a deux grandes questions à se poser.

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