Pass vaccinal : réfléchir au coût de la liberté

La logique du pass vaccinal, comme celle du CST, c’est la logique libérale (en terme de philosophie, pas en terme politique du « MR » NLDR) ou domine le principe d’autonomie des individus. L’Etat reconnaît que chaque individu est autonome, il se fixe ses propres règles, il décide ce qui est bon pour lui, il décide quelle est sa conception de la vie bonne. Il se vaccine ou non, l’Etat ne prend pas la décision pour lui.

Problème de cette logique, il semble que l’Etat à une préférence. Il considère que malgré tout il y a un intérêt majeur à ce que l’ensemble de la population se vaccine. L’Etat fait alors ce qu’il fait toujours en régime libéral dans ce genre de cas, il incite, sans interdire ou obliger, il donne un coût (certains diront un coup) aux libertés. Il taxe par exemple les comportements plus polluants, il fixe un marché du carbone pour inciter les entreprises à décarboner leurs processus industriels. Il y a des centaines d’exemples du genre.

Pourtant le CST, ou le pass vaccinal, ça va beaucoup plus loin qu’une taxe. Mais c’est une question de degré. Le CST comme le passe vaccinal est d’essence libérale. C’est une mesure d’équilibrage interne aux droits et libertés qui visent à compenser les dommages pour la société causés par l’usage des libertés. C’est la même logique à l’œuvre pour le marché du carbone, où les accises sur le tabac.

L’Etat est contraint par la nécessité de l’épidémie à fixer un coût à l’usage de l’autonomie vaccinale. Ce coût c’est un coût social ou sociétal : ne plus avoir accès à certains endroits. Peut-être à terme le coût ce sera de ne plus avoir accès à son travail ou aux services publics. Peut-être que comme au Canada ce sera de payer une taxe lorsqu’on n’est pas vacciné, ou comme à Singapour de ne plus voir ses soins remboursés lorsqu’on est hospitalisé et non vacciné. Tout cela heurte les conceptions intuitives de la solidarité et de la liberté. Ce sont pourtant des solutions de type libérales en termes de philosophie politique. Elles découlent du primat de l’autonomie reconnu aux individus mais que l’Etat équilibre en fonction d’intérêts ou pour sauvegarder d’autres droits et libertés.

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