Eviter le naufrage d’Interpol

Dans l’imaginaire collectif, l’Organisation internationale de police criminelle (OIPC), dite « Interpol », est une institution respectable consacrée à la coopération des polices du monde entier en vue de l’interpellation des criminels. En réalité, cette plate-forme reliant les services de police de 194 pays est sous-financée, son fonctionnement est opaque et ses résultats sont peu probants. Comme si cela ne suffisait pas, elle est de plus en plus détournée par des régimes autoritaires pour traquer leurs opposants politiques.

Jeudi 25 novembre, les treize membres de son conseil exécutif, dont son président, doivent être désignés au cours d’une assemblée générale à Istanbul. Le grand favori de ce vote est le général Ahmed Naser Al-Raisi, inspecteur général du ministère de l’intérieur des Emirats arabes unis.

Qu’un dignitaire d’un régime autoritaire où l’Etat – et donc la police – fonctionne sans le moindre contre-pouvoir, impliqué au surplus dans de multiples scandales d’écoutes et de piratages informatiques, est déjà plus que problématique. Mais le général qui pourrait diriger la police mondiale à partir de jeudi se trouve être visé en France par plusieurs plaintes pour torture. L’une d’elles a été déposée au nom du militant des droits humains Ahmed Mansour, condamné en 2018, au terme d’une parodie de justice, à dix ans de prison pour « atteinte à la réputation de l’Etat ». Depuis, il est maintenu à l’isolement, sans visites, dans une cellule de 4 mètres carrés.

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