Les illusions perdues de l’Amérique démocrate

Victoire face à Donald Trump lors de l’élection présidentielle 2020, majorité arrachée in extremis dans les deux chambres du Congrès, vaccins disponibles en nombre et pour tous, reprise économique, taux de chômage en forte baisse, réduction de la pauvreté infantile, avancées législatives majeures: après quatre années mouvementées, ponctuées par une crise sanitaire d’ampleur et une attaque contre le Capitole, l’Amérique démocrate a enfin de quoi se réjouir et se rassurer. C’est en tout cas le sentiment de ceux qui contemplent la façade mais n’entrent pas dans le bâtiment.

À l’intérieur, les fissures sont de plus en plus nombreuses et les fondations sont dans un état avancé de délabrement. À bout de souffle, attaquée par un Parti républicain aux tendances autoritaires, piégée par des lobbys tout-puissants et rongée par le conspirationnisme, la démocratie américaine est acculée. Dans ce contexte, le retour au pouvoir du Parti démocrate en janvier dernier pourrait n’être qu’un mirage, ou au mieux constituer le dernier espoir d’un renouveau démocratique.

Donald Trump aurait pu déjouer les pronostics et rempiler pour un second mandat s’il ne s’était pas astreint à nier la gravité de la crise sanitaire au point de se ridiculiser à de nombreuses reprises lors de ses prises de parole. Incapable de revêtir le costume de père de la Nation et de faire preuve d’empathie, le milliardaire new-yorkais s’est réfugié une nouvelle fois dans l’outrance pour tenter de masquer son incompétence. Habituellement à l’aise dans ce registre, le quarante-cinquième président n’a, cette fois, pas mesuré le traumatisme lié aux conséquences de la pandémie sur le peuple américain.

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