Chine-États-Unis : dialogue et tensions

Les bases d’une cohabitation pacifique des deux puissances chinoise et américaine n’existent plus. Jusqu’ici, la Chine ne remettait pas en cause le leadership mondial des États-Unis et ces derniers ne s’intéressaient pas à la nature du régime chinois. Aujourd’hui, Pékin revendique la première place mondiale et Washington ne cesse de mettre en avant le caractère autoritaire et dictatorial du régime.

S’il est vrai qu’il y a une crispation autoritaire de la part de Xi Jinping, on ne peut pas dire que la Chine était un régime ouvert, transparent et libéral qui se serait fermé depuis. Lorsqu’en 1972, Nixon et Kissinger établissaient un partenariat stratégique de fait avec Mao, la Chine n’avait rien d’une démocratie paisible. L’argument des restrictions aux libertés en Chine existe, mais ce n’est pas le véritable motif de l’opposition des États-Unis. La véritable motivation est bel et bien la montée en puissance de la Chine.

Nulle tentation de la part des dirigeants chinois de proclamer la supériorité du modèle occidental, bien au contraire.

Les deux modèles se font face avec le sentiment d’États-Unis qui accumulent les difficultés du fait, notamment, de leurs interventions militaires coûteuses financièrement, politiquement en termes de prestige et stratégiquement, et d’une Chine qui avance méthodiquement tant dans les instances multilatérales stupidement désertées par Donald Trump que dans la multiplication des relations bilatérales. La Chine est désormais le premier partenaire commercial d’environ 120 pays contre 60 pour les États-Unis.

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