Le Conseil de l’Europe, le hijab et la liberté d’expression

La promotion de la diversité proposée par le Conseil de l’Europe dans une campagne montrant des portraits de plusieurs jeunes femmes voilées, accompagnés d’un message en anglais indiquant «mon foulard, mon choix»contraste avec l’unanimité de la condamnation de ces affiches par la classe politique française. De l’extrême droite à la gauche en passant par le gouvernement, cette campagne est considérée au mieux comme une atteinte à la dignité de la femme, au pire comme un instrument de la propagande islamiste. Selon Sarah El Haïry, secrétaire d’État chargée de la Jeunesse, c’est grâce à l’intervention du gouvernement qu’une vidéo a été supprimée, même si les autres affiches restent disponibles sur le site du Conseil de l’Europe.

Au-delà des réactions viscérales que la campagne contre les discriminations de l’organisme européen a suscitées en France, celui-ci pose un véritable problème de fond, à savoir si une femme adulte est libre de porter le voile et si ce choix constitue une atteinte à la laïcité ou, au contraire, enrichit la diversité culturelle de nos sociétés.

Toutefois, dans les sociétés démocratiques, il ne peut y avoir des crimes sans victimes et la question qui demeure est celle de savoir qui est la victime du port des signes et accoutrements religieux. Personne, s’il s’agit d’un choix libre. Le discours paternaliste qui accompagne la censure du hijab contraste avec le combat des féministes, lequel a permis que les femmes puissent devenir des actrices autonomes, capables de choisir en toute liberté leur destin aussi bien sur le plan privé que politique. C’est pourquoi, de ce point de vue, lorsqu’une femme décide de porter le voile, il ne faut pas l’infantiliser en la traitant comme une victime ou la stigmatiser en la considérant comme une terroriste en puissance, mais simplement respecter son choix.

La suite ici : Le Conseil de l’Europe, le hijab et la liberté d’expression