Le double piège de la réponse européenne à la crise de la frontière polonaise

Une formule employée hier par un ministre allemand résume la situation : c’est une « guerre hybride » qui est engagée contre l’Union européenne. « Guerre hybride », c’est un mode d’action qui mêle des opérations de déstabilisation, une guerre de l’information, et qui peut aussi inclure des actions directement militaires.

C’est une bonne description de ce qui se déroule à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, où des milliers de migrants, principalement originaires du Moyen Orient, sont conduits sur place par les forces du régime dictatorial de Minsk, afin de les pousser vers le territoire polonais.

Il y a un double piège dans cette affaire, qui provoque un véritable branle-bas de combat diplomatique, au sein de l’Union européenne bien sûr, mais aussi à l’OTAN, inquiète de ces tensions sur le flanc Est de l’Europe. Ce double piège, c’est celui d’une réaction purement sécuritaire, ne tenant pas compte de la crise humanitaire qui monte ; et c’est celui d’une réaction politique insuffisante. Dans les deux cas, l’Europe serait perdante.

Il y a piège si l’on considère que cet afflux de migrants n’est pas provoqué par une guerre ou une catastrophe comme c’était le cas en 2015 avec les réfugiés syriens, mais par un mouvement provoqué et encouragé.

Or la réaction polonaise est principalement d’empêcher les migrants de passer par tous les moyens, en les repoussant vers la Biélorussie. Or les garde-frontières biélorusses ne les laissent pas revenir, tirant au-dessus de leur tête pour les en empêcher. Des milliers d’entre eux sont donc coincés dans un no man’s land inaccessible aux humanitaires, dans le froid, et il y aurait déjà eu des victimes.

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