Plan Climat de Biden : l’heure de vérité au Congrès

Le camp démocrate espérait en effet un heureux dénouement des négociations autour de l’adoption simultanée des deux projets-phares du programme de Joe Biden, la loi sur les infrastructures (déjà votée de manière bipartisane au Sénat) et la loi budgétaire Build Back Better, qui comprend le volet climat.

`Le projet BBB a pourtant été largement édulcoré, puisque son montant a été divisé par deux (en perdant notamment beaucoup de son volet social et familial). Il conserve tout de même un chèque de 555 milliards de dollars consacré à la lutte contre le changement climatique, et constituerait à ce titre le projet d’investissement « vert » le plus ambitieux jamais adopté par les États-Unis.

Dans une optique de promotion des énergies les moins carbonées, cette somme s’articule en un ensemble de subventions et de crédits d’impôts en direction du secteur privé et des consommateurs. Il s’agit ainsi d’un choix très américain, qui répond par ailleurs aux exigences du sénateur de Virginie-Occidentale Joe Manchin, qui refusait catégoriquement de pénaliser financièrement l’utilisation des énergies fossiles.

S’il est voté, le plan n’en demeurera pas moins imparfait. En particulier, un des volets du BBB propose des investissements massifs dans de nouvelles technologies, comme l’hydrogène, ou la séquestration du carbone dont l’efficacité demeure aujourd’hui limitée, plutôt que dans les énergies renouvelables les mieux connues.

Autre limite, une section du projet de loi sacrifie la tenue d’évaluations environnementales pour les oléoducs et gazoducs construits sur des domaines fédéraux. Surtout, l’abandon du Clean Electricity Performance Program (CEPP), résultat de la farouche opposition du sénateur Manchin, a largement réduit l’ambition du plan climat – et la possibilité pour les États-Unis de respecter les NDC soumises par le président en avril dernier.

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