Trump et le Parti républicain : défaite électorale, victoire idéologique ?

Les résultats de novembre 2020 illustrent l’écho que rencontre cette mutation idéologique. Le démocrate Joe Biden a certes remporté 7 millions de voix de plus que son adversaire, mais ces dernières étaient, comme en 2016, inégalement réparties entre les États, et la victoire a échappé de peu au candidat républicain au Collège électoral. Par ailleurs, annonçant une avance beaucoup plus large du candidat démocrate, les sondeurs se sont à nouveau lourdement trompés.

Si Trump a perdu, c’est parce que sa base électorale se confirme être celle des Blancs non diplômés qui ont été proportionnellement moins nombreux dans l’électorat total qu’en 2016. Ces électeurs non diplômés ne sont pas nécessairement les plus modestes (ce qui pose la question de la définition de la « working class » aux États-Unis). Le marqueur clé du vote Trump est donc avant tout l’absence de diplôme et le positionnement anti-élite. On voit d’ailleurs augmenter le vote Trump chez les Hispaniques non diplômés.

Malgré les perspectives d’affaiblissement démographique de cet électorat, le Parti républicain persiste dans son virage idéologique à la veille des élections de mi-mandat de 2022. Les candidats républicains, y compris les possibles remplaçants de Trump que sont les sénateurs Ted Cruz (Texas) et Marco Rubio (Floride), doivent souscrire à la thèse de la fraude électorale massive qui aurait permis la victoire de Joe Biden et au refus d’une condamnation de l’ex-président Trump pour ses appels à l’insurrection du 6 janvier, nouveaux articles de foi du Parti républicain « trumpisé ».

La suite ici : Trump et le Parti républicain : défaite électorale, victoire idéologique ?