Faut-il parler des outrances d’Éric Zemmour?

Zemmour mettant en joue une meute de journalistes qui couvrent sa visite à Milipol, le salon consacré à la sécurité intérieure, à Villepinte, en Seine-Saint-Denis. Zemmour à Drancy, demandant à une femme voilée de retirer son voile, dans une scène de télé-réalité bidonnée par la production de l’émission «Face à la rue». «Éric Zemmour, vous êtes le premier invité de “Face à la rue”. On va emmener à chaque fois des hommes et femmes politiques dans la rue, au contact de la vraie vie», lui explique Morandini. La vraie vie! Le voilà, le grand remplacement: c’est celui de la réalité par la télé-réalité, de la vie par la vraie vie, scénarisée. D’une campagne électorale au Truman Show

Les doigts sur son clavier, le twitto hésite comme le sprinter dans son starting-block. Il sait que la course est piégée, qu’elle sélectionne les joueurs les plus agressifs, les plus transgressifs, qu’elle est arbitrée par les algorithmes. Va-t-il liker, citer ou retweeter telle ou telle déclaration du démon de l’heure, au risque d’alimenter la machine à clash?

Doit-il s’indigner contre la dernière de ses mises en scène ou s’enfoncer dans une bouderie numérique que personne ne remarquera? C’est le dilemme de l’heure, le piège du Zemmouristan. «La pire séduction du mal est la provocation au combat», disait Kafka. Que dire de la provocation au débat, de l’injonction à réagir sur les réseaux sociaux? L’enfer numérique est pavé de bonnes réactions. À chaque jour, sa provocation. Prénoms, Pétain, voile, islam, invasion, avortement, homosexuel, woke, cancel culture constituent son lexique incendiaire.

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