Quand pourra-t-on dire que la pandémie de Covid-19 est terminée?

La situation reste dramatique dans de nombreux pays notamment de l’Est de l’Europe, qui enregistrent quotidiennement des records tant de nouvelles contaminations que de décès par Covid. En outre, la situation ne s’est jamais assainie cet été au Royaume-Uni, après que le Premier ministre a levé toutes les restrictions, le 19 juillet dernier, pensant pouvoir compter sur la seule couverture vaccinale élevée pour sortir de la crise.

Pire, la tendance semble s’aggraver actuellement, avec de nouveaux records de contaminations quotidiennes et une mortalité élevée qui ne s’arrête pas de grimper, ce qui, au vu de l’expérience acquise au fil des derniers mois, ne présage rien de bon –mais ne présageons pas nous-mêmes.

Malgré notre «fatigue pandémique», notre envie de voir le bout du tunnel, las que nous sommes de lire chaque jour des décomptes macabres et las de nous soumettre aux contraintes sanitaires, force est de reconnaître que la pandémie de Covid-19 n’est pas terminée.

Mais à quoi cela tient-il? Back to basics: qu’est-ce qu’une pandémie? Le terme vient du grec ancien πᾶν / pãn («tous») et δῆμος / dễmos («peuple») et désigne une épidémie présente sur plusieurs continents. Dans le sens courant, elle touche une partie particulièrement importante de la population mondiale. Mais «partie particulièrement importante de la population mondiale» est une notion bien subjective et il apparrait qu’il n’existe pas de définition consensuelle de la pandémie, ni de chiffre seuil permettant de dire «Nous sommes en pandémie» ou «Nous ne sommes pas en pandémie». Ainsi, le Règlement sanitaire internationalne mentionne même pas le terme de «pandémie», quant à l’OMS, elle ne l’évoquait qu’à propos de la grippe dans ses plans de préparation. Elle avait d’ailleurs déclaré que l’émergence de la grippe H1N1 était une pandémie en 2009, puis s’est autorisée à nommer pandémie l’émergence de Covid-19, puis a proposé des «recommandations temporaires» entrant dans le cadre de ses prérogatives strictement encadrées par le Règlement sanitaire international.

Dire qu’une épidémie démarre ou s’éteint n’est paradoxalement pas source de beaucoup de débats. L’épidémiologie théorique est la discipline scientifique qui vient pour trancher la question. C’est le taux de reproduction R qui arbitre le match. Quand il est supérieur à 1, le virus a le dessus, l’épidémie s’installe. Quand il atteint la valeur de 1, le pic de l’épidémie est atteint, puis s’il redescend au-dessous de 1, l’épidémie s’éteint. Mais alors, pourquoi ne pas adopter cette définition simple pour caractériser l’extinction d’une pandémie? Parce qu’alors, on aurait déclaré la pandémie terminée à l’issue de la première vague. Certains l’ont fait d’ailleurs et l’on est tous bien d’accord pour dire qu’ils se sont trompés. Donc la pandémie n’était pas terminée après la première, ni après la deuxième et nous en sommes à la fin de la quatrième, sans oser espérer qu’elle soit enfin terminée.

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