La Marche blanche : une révolution manquée ?

Il y a 25 ans, la Marche blanche. Près de 300 000 personnes dans la rue et une mobilisation en tout point unique dans l’histoire de Belgique. Aujourd’hui on s’interroge toujours sur les raisons de son succès et sur ses conséquences politiques réelles. Une question en particulier reste ouverte, est-on passé ce jour-là tout proche d’une insurrection, d’une révolution même?

Ce n’est pas une élucubration d’un journaliste en mal de clics. C’est ce que pensait le Premier ministre de l’époque Jean-Luc Dehaene, voici ce qu’il déclarait au journal De Standaard en 2000 : « J’ai été fort impressionné par la Marche blanche. D’autant plus qu’elle est due à l’initiative de gens qui ont vécu le pire que puisse vivre un homme, et qui ont néanmoins su traduire leur colère en une demande de réformes. Je suis convaincu que les parents auraient pu déclencher une révolution. Absolument. S’ils avaient appelé à la violence, on les aurait suivis. »

Terrible confession de Dehaene. Lui qui a participé, malgré lui, au succès de la Marche blanche en n’interrompant pas ses vacances lors de la découverte des corps des enfants à l’été 96. Une attitude qui a participé au sentiment de méfiance envers les politiques et l’État. Il est assez surprenant que Jean-Luc Dehaene ait craint une révolution violente après une marche qui se voulait « apolitique » qui a choisi le blanc pour ne se confondre avec aucun mouvement connu, de l’anarchie au communisme. Étonnant de craindre la révolution pour une marche qui se voulait une marche d’hommage aux enfants disparus.

Pour comprendre les craintes de Dehaene, il faut se replonger dans le contexte. Tout impressionne dans la Marche blanche. 300 000 personnes c’est l’une des plus grosses mobilisations de l’histoire. Avec la grande manifestation pacifique contre l’installation de missiles nucléaires début des années 80. Mais à l’époque des acteurs sociaux majeurs sont derrière, des partis, des syndicats.

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