La démocratie américaine connaît-elle ses derniers instants?

L’auteur fonde son raisonnement sur deux points. Premièrement, Donald Trump est le candidat incontournable des Républicains qui briguera la présidence des États-Unis en 2024. L’idée initiale selon laquelle son pouvoir et son influence s’estomperaient après sa défaite de 2020 s’est avérée illusoire: il dispose de l’argent ainsi que de l’appareil politique nécessaires et est soutenu par des millions de partisans fanatiques. Qui plus est, dans trois ans, il affrontera des adversaires vulnérables sur le plan politique. Certes, Trump pourrait connaître des ennuis judiciaires ou de santé qui l’empêcheraient de se présenter. Mais parier sur cette hypothèse reviendrait à faire un vœu pieux et non à mettre en place une stratégie politique.

Robert Kagan estime que le Parti républicain ne se définit plus par son idéologie, mais par le rapport de forces entre trumpistes et anti-trumpistes. Du reste, les cadres de ce parti qui n’affichent pas un soutien inconditionnel à l’ancien président sont marginalisés sans autre forme de procès et subissent d’impitoyables attaques.

Le deuxième argument développé par ce politologue est que Trump et ses alliés mettent tout en œuvre pour garantir leur victoire électorale –quitte à recourir à des moyens non-démocratiques. Finies les tentatives maladroites (et vouées à l’échec) de lancer des poursuites judiciaires pour procurer à Trump les voix qui lui manquaient pour battre Biden. Exit le blitz médiatique pour convaincre le pays que l’élection a été truquée. Plus d’amateurisme ni d’improvisation dans l’urgence.

Tout cela a fait place à un projet violent, très élaboré et généreusement financé, déjà en chantier pour contrôler le processus électoral dans les États clés. Il se concentre sur le décompte des voix et les moyens de permettre aux élus en place dans ces États de déterminer en dernier ressort le vainqueur du scrutin dans leur État.

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