Brexit : des exigences britanniques inacceptables

On croyait le cauchemar du Brexit terminé. Il n’en est rien. Tout juste deux ans après sa signature, le 17 octobre 2019, l’accord sur le divorce péniblement conclu entre le Royaume-uni et l’Union européenne est remis en cause par son principal promoteur, Boris Johnson. Le contentieux soulevé par Londres porte sur la mise en œuvre du « protocole nord-irlandais », un volet de l’accord qui prévoit l’instauration de contrôles douaniers pour les marchandises débarquant en Irlande du Nord en provenance de Grande-Bretagne afin de protéger le marché intérieur européen, auquel appartient toute l’île d’Irlande.

Instaurer une telle frontière de fait en mer d’Irlande était la seule solution pour éviter le rétablissement de la frontière entre les deux Irlandes supprimée par l’accord de paix de 1998. Les contrôles à l’entrée de l’Irlande du Nord, province du Royaume-Uni, résultaient également d’un choix net de M. Johnson : la sortie du Royaume-Uni de l’union douanière européenne. Sa prédécesseure, Theresa May, avait fait le choix inverse, précisément pour éviter une frontière en mer d’Irlande, option, affirmait-elle, qu’« aucun premier ministre britannique n’acceptera[it] jamais ».

Pour décrocher un « Brexit dur », Boris Johnson, lui, a accepté ce compromis qui ulcère les partis unionistes d’Irlande du Nord. Ils y voient une entorse à l’unité du royaume. S’appuyant sur leur discours extrémiste et alléguant les lourdeurs induites par les contrôles, le premier ministre réclame une refonte totale du texte, ce que les Vingt-Sept refusent. Conciliante, la Commission européenne a proposé, mercredi 13 octobre, de réduire de moitié les contrôles douaniers et de 80 % les contrôles sanitaires sur les produits alimentaires.

Mais Londres fait de la surenchère en revendiquant la fin de la compétence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour arbitrer les différends commerciaux concernant l’Irlande du Nord.

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