Le nouveau commencement de l’Allemagne 

La stabilité politique et la continuité sont une constante quasi-essentielle pour l’Allemagne, en raison de son histoire, de sa taille et de sa situation géographique au cœur de l’Europe. Ce sont des valeurs qui tiennent évidemment à cœur à une majorité de citoyens allemands. Si Merkel avait décidé de se présenter de nouveau, elle aurait très certainement été réélue.

Toutefois, cette même majorité était pleinement consciente du fait que l’approche de Merkel ne pouvait pas se maintenir. Sa méthode de « conduite à vue », qui consistait laisser le temps au temps et son hésitation perpétuelle ont équivalu à une renonciation totale à toute vision stratégique pour l’Allemagne et l’Europe. L’Allemagne avait besoin de rompre avec son passé – un nouveau départ – et c’est en ce sens que ses électeurs se sont prononcés, tout en choisissant ostensiblement de donner le pouvoir au centre.

En surface, le changement est à peine perceptible. Comme toujours, le combat pour la chancellerie – la direction du nouveau gouvernement fédéral – va se jouer entre les deux partis traditionnels du pays, les Sociaux-démocrates et l’Union chrétienne-démocrate (avec son parti frère bavarois, l’Union chrétienne-sociale). Chacun n’a remporté qu’un quart des voix, le SPD ayant une faible longueur d’avance sur la CDU/CSU.

Le détrônement pur et simple des deux partis de grande envergure qui étaient en place jusqu’à présent aurait par trop ressemblé à une révolution et n’a donc pas eu lieu. Le soutien en faveur des Verts n’a pas suffisamment augmenté pour leur donner un titre à la chancellerie, probablement parce qu’un message de changement du même type peut être transmis de manière moins ostentatoire.

La suite  ici : Le nouveau commencement de l’Allemagne | by Joschka Fischer – Project Syndicate