Le mythe de la dette

Quoi qu’il en coûte.  La formule est célèbre: elle a été prononcée par le président de la République française, Emmanuel Macron, au début de la crise sanitaire, voici un an et demi. Les belles résolutions amenant l’austérité ont été balayées par la pandémie. Les aides ont été massives aux secteurs touchés.

Cela s’appelle de la redistribution, de la solidarité, de la justice, ce qu’on voudra, mais bien peu ont souligné à l’époque que les incantations néolibérales, qui faisaient office de dogme, avaient fait l’unanimité, ou presque, contre elles. Il est normal que les pouvoirs publics jouent leur rôle, on l’avait presque oublié, entre les 3% maximum du déficit et les ceintures budgétaires serrées autant que faire se peut (et même un peu plus).

Voici cependant que la situation sanitaire se normalise. On en arrive donc au fameux monde d’après, dont on peut se demander, en effet, s’il sera si différent de celui d’avant. À ne prendre que l’exemple du télétravail, on perçoit bien que celui-ci, même s’il est bon pour la planète, n’a jamais été considéré que comme une solution de secours. Beaucoup crient sur la société du contrôle (le passe, les incitations à la vaccination) mais qui se rend compte que c’est précisément pour avoir un contrôle visuel sur leurs travailleurs que les employeurs les préfèrent à proximité?

Certes, il y a eu des aménagements qui vont un peu résister de ci de là mais les vieux réflexes sont solides et on le voit aussi dans les débats sur la sortie de crise. La croissance est de retour, faut-il dès lors aussitôt en profiter pour en revenir à l’austérité, ou au contraire, investir massivement, notamment par l’emprunt, pour financer la transition écologique, par exemple, en profitant des taux bas qui pourraient certes ne pas stagner si l’inflation repartait à cause de la surchauffe?

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