Généraliser la troisième dose de vaccin contre le Covid n’est ni scientifique, ni éthique

Actuellement, la position qui consiste à réserver une dose de rappel à certaines populations spécifiques en raison de leur âge ou de leur état de santé est donc fondée sur les meilleures données scientifiques du moment. Nous savons que chez certaines personnes, l’immunité acquise par la vaccination décroît de manière importante avec le temps, ce qui les expose à des cas de Covid grave, à des hospitalisations, sinon même à des décès. C’est le cas des personnes âgées touchées par ce que l’on appelle l’immunosénescence ou baisse de l’immunité qui pourrait s’expliquer comme étant une forme de presbytie de l’immunité acquise et adaptative liée à l’âge…

C’est un phénomène connu qui, lorsqu’il est couplé à une remontée des hospitalisations des personnes âgées vaccinées justifie la nécessité d’un booster de manière à conserver une protection suffisante. La dose de rappel concerne également les personnes immunodéprimées soit du fait d’un traitement médicamenteux (chimiothérapie anticancéreuse, immunosuppresseur, biothérapie et/ou une corticothérapie à dose immunosuppressive), soit d’une affection comme le VIH non contrôlé ou avec des CD4 <200/mm3 ou encore consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques, ou liée à une hémopathie maligne en cours de traitement.

Pour ces personnes –et cela est déjà le cas depuis le début de la campagne de vaccination– une dose de rappel est, selon la HAS, requise quatre semaines après la deuxième injection ou le plus rapidement possible si ce délai est dépassé. Un essai randomisé vient ici appuyer cette recommandation.

Reste que la position de ne pas vacciner les adultes plus jeunes en bonne santé, malgré sa justification scientifique, ne fait pas consensus. Les autorités en Israël, un peu débordées par une quatrième vague de contaminations plus forte que toutes les précédentes et redoutant une saturation des hôpitaux, a commencé depuis la fin août à administrer des troisièmes doses à l’ensemble de sa population, dès l’âge de 12 ans.

Dans un communiqué en date du mardi 7 septembre, le Conseil national de l’Ordre des médecins demande en France à ce que «les médecins et tous les professionnels de santé aient accès dès à présent au rappel vaccinal contre le Covid-19». Il n’y a pas qu’ici que les avis divergent.

Aux États-Unis, après que le comité scientifique consultatif indépendant de la FDA a émis un avis semblable à celui de la HAS, un comité scientifique des CDC d’Atlanta est allé dans le même sens et s’est prononcé contre la dose de rappel chez les professionnels de santé. La directrice des CDC –fait assez rare– a pris la décision de ne pas suivre son comité scientifique et a émis la recommandation de la troisième dose pour les professionnels de santé, satisfaisant ainsi l’administration Biden qui avait annoncé un plan de vaccination de toute la population avant même de recueillir l’avis de ses scientifiques.

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