Centre de rétention pour migrants, l’autre visage de la base américaine de Guantanamo

.Retour à la case départ pour Guantanamo ? Le 17 septembre, l’administration du président des Etats-Unis, Joe Biden, a déposé une petite annonce, repérée par la chaîne NBC News, sur le site SAM.gov où sont publiés les marchés publics du gouvernement fédéral.

Elle cherche un entrepreneur privé capable de gérer le Guantanamo Migrant Operations Center (MOC), un centre de rétention pour migrants installé sur la base navale américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, pour le compte de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence du département américain de la sécurité intérieure (DHS) chargée du contrôle des frontières. La date limite pour déposer un dossier a été fixée au 1er octobre.

Le centre de rétention se situe à quelques dizaines de mètres de la prison de Guantanamo où, dans les mois qui ont suivi les attentats du 11-Septembre, l’armée américaine a enfermé, à la hâte, et au mépris de leurs droits, des centaines d’hommes soupçonnés d’entretenir des liens avec Al-Qaida. Trente-neuf personnes y sont toujours détenues, certaines ont obtenu la promesse d’une libération qu’elles attendent toujours, d’autres l’espèrent.

Aux côtés de ces lieux symboliques des dérives américaines dans la lutte contre le terrorisme, pourraient donc bientôt s’installer des migrants. L’annonce précise que le futur MOC, composé de tentes et des lits de camp, devra disposer d’une capacité d’accueil de 120 personnes, mais n’hébergera, en moyenne, qu’une vingtaine de personnes. Elle ajoute que le prestataire devra être capable d’ériger des installations provisoires pouvant héberger jusqu’à 400 personnes. Il doit pouvoir mettre à disposition au moins 50 gardes non armés, mobilisables dans les vingt-quatre heures. Enfin, au moins 10 % du personnel doit parler couramment l’espagnol et le créole haïtien.

Aux Etats-Unis, la publication de cet appel d’offres est venue réveiller de douloureux souvenirs et des questions, alors que des milliers de migrants haïtiens affluent à la frontière sud des Etats-Unis, fuyant leur pays qui subit une triple crise économique, sécuritaire et sanitaire, aggravée par l’incertitude liée à l’assassinat du président Jovenel Moïse et au tremblement de terre du 14 août.

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