Le bilan d’Angela Merkel à la chancellerie en cinq coups politiques

2011. Elle annonce la sortie surprise de l’Allemagne du nucléaire. Nous sommes le 30 mai 2011. Seulement neuf mois après avoir annulé la sortie du nucléaire de l’Allemagne prévue pour 2030 par l’ancien gouvernement social-démocrate de Gerhard Schröder, Angela Merkel annonce le retrait définitif de l’atome pour 2022, au plus tard. Une volte-face provoquée par la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon et un revirement de l’opinion allemande sur le sujet. Inattendue, la décision est prise contre l’avis de son propre camp politique, la CDU (parti conservateur de centre droit), ce qui tranche avec l’image de stratège, adepte du compromis, qui colle à Angela Merkel.

Cette décision illustre finalement sa capacité à faire preuve de flexibilité lorsqu’elle sent qu’elle n’est plus en accord avec l’opinion publique, rétive à l’atome depuis les années 1970. « Il y a aussi une part de calcul politique, Angela Merkel coupant l’herbe sous le pied des Verts, alors en pleine ascension dans les sondages », explique pour franceinfo Agathe Bernier-Monod, spécialiste de l’Allemagne contemporaine et maîtresse de conférences à l’université du Havre. Reste que, dix ans plus tard, la décision unilatérale de la chancelière a des conséquences concrètes : le charbon a dû prendre en partie le relais du nucléaire en attendant que l’Allemagne produise assez d’énergies propres pour répondre à la demande d’électricité.

2012.  Elle se montre intransigeante face à la Grèce lors de la crise de la zone euro A cause de la crise financière de 2007-2008, la zone euro se trouve au bord du gouffre. L’Irlande, l’Espagne, l’Italie et surtout la Grèce sont sur le point de faire défaut sur leur dette publique. Alors que les partenaires européens tentent de renflouer les caisses des Etats-membres de l’UE mal en point, les discussions se heurtent à l’intransigeance d’Angela Merkel. Injecter de l’argent, oui, mais pas sans une cure d’austérité imposée de façon ferme par l’UE et le FMI. Surtout, en 2012, Angela Merkel, poussée par son ministre des Finances de l’époque Wolfgang Schäuble, rejette toute idée d’annulation de la dette de la Grèce, au bord du précipice.

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