L’Europe se dirige droit vers un désastre énergétique

La panique gagne l’Europe alors que l’hiver approche et qu’elle s’enfonce dans une crise énergétique sans précédent. «Ça va coûter cher aux foyers, ça va coûter cher aux gros consommateurs d’énergie», explique de son côté Dermot Nolan, ex-patron du régulateur britannique, le Bureau des marchés du gaz et de l’électricité (OFGEM). «Les prix de l’électricité et du gaz vont être plus élevés dans les foyers que quiconque ne le souhaiterait, et ils vont être plus élevés qu’ils ne l’ont été ces douze dernières années.»

Il y a de quoi être anxieux: les prix de gros du gaz naturel ont plus que triplé ces douze derniers mois, avec une très nette accélération depuis janvier 2021, puis lors de l’été qui a suivi.

Au Dutch TTF, hub européen d’importance pour les échanges énergétiques, le prix du mégawatt-heure est ainsi passé de 16,74 euros le 31 décembre 2020 à 50,9 euros au 30 août 2021, et devrait gagner plus de 20 euros d’ici fin septembre.

Les causes de ce marasme sont multiples. Certains pays ont précipitamment fermé leurs centrales nucléaires ou à charbon pour accélérer leur transition énergétique, se rendant de facto dépendants d’énergies renouvelables dont la production a, ces derniers mois, été perturbée par des conditions météorologiques défavorables.

La demande mondiale en gaz naturel, de son côté, explose en même temps que la reprise économique globale confirme sa robustesse. La Russie, principal pays fournisseur de l’Europe et ravi de ces prix stratosphériques, se tourne de plus en plus vers l’Asie qui, de son côté, met tout en œuvre pour mettre la main sur ce qui sort de ses exploitations. Et si la Norvège promet d’augmenter la production de ses plateformes en mer du Nord, celles-ci peinent à fournir autant du précieux gaz qu’avant la pandémie.

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