Zemmour : business médiatique ou projet politique ?

Mais de quoi Zemmour est-il le nom ? On lui cherche des alter ego à l’étranger ou dans l’histoire. Le polémiste ne cache pas son admiration pour Boris Johnson, quand certains de ses soutiens dressent le parallèle avec Donald Trump. Au-delà du personnage, il y a l’époque. Zemmour surfe sur une droitisation du débat public et la montée en force d’un discours identitaire, dont il représente sans doute le visage outrancier, mais dont il n’est pas le seul animateur. L’historien Gérard Noiriel, lui, l’a comparé, dans un livre, Le venin dans la plume, au journaliste antisémite et nationaliste Édouard Drumont. . interview.

« Depuis deux ans, il y a en effet une radicalisation : il passe du discours à l’action. Il estime avoir fait le bon diagnostic, en s’appuyant sur l’histoire, et à partir de là, il annonce une éventuelle candidature. C’est assez inédit ; car Edouard Drumont, lui, avait créé un parti. »

Pour Drumont, l’intégration était impossible pour les Juifs. Mais pour Zemmour, il reste la possibilité d’une assimilation.

« En filigrane oui, notamment avec une querelle sur les prénoms. Mais il n’y a pas de vraie réflexion sur ce que peut vouloir dire une assimilation. Il nous discrédite, nous, les historiens de l’immigration, pour avoir réfléchi à ce que c’est que l’intégration ou l’assimilation »

Comment qualifiez-vous l’histoire identitaire que propose Zemmour ?

« Les individus réels, dans leur complexité, n’y existent pas, mais ce sont des personnages qui s’affrontent. Le récit construit des ennemis identitaires, comme le musulman qui a toujours voulu détruire notre civilisation depuis 732 et Charles Martel. C’est adapté à une conjoncture, c’est-à-dire à des faits divers comme les attentats qui en effet, sont dramatiques, mais qui sont intégrés au récit de façon fantasmatique. »

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