Les trois leçons de l’alliance entre l’Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni

Au-delà des sensibilités françaises, la nouvelle alliance anglo-saxonne créée pour faire face à la Chine pose des questions existentielles à l’Europe

Au-delà de cette mauvaise manière faite à un pays qui, jusqu’à nouvel ordre, est un allié, trois leçons peuvent déjà être dégagées de la naissance de l’Aukus, sigle donné à ce nouveau pacte de sécurité sur la base de l’acronyme Australia-United Kingdom-United States.

La première porte sur la relation transatlantique. Pour ceux qui en doutaient encore, l’administration Biden ne diffère pas, sur ce point, de l’administration Trump : les Etats-Unis passent avant tout, qu’il s’agisse de leur intérêt stratégique, économique, financier ou sanitaire. « America first » reste la ligne directrice de la politique extérieure de la Maison Blanche.

La création de l’Aukus n’est pas dirigée contre la France, mais qu’elle lui inflige au passage un cinglant revers diplomatique et économique n’a aucune importance pour Washington, qui n’a que l’objectif chinois en ligne de mire. Certains voyaient dans les professions de foi multilatéralistes de Joe Biden et la francophilie de son secrétaire d’Etat, Antony Blinken, la promesse d’une coopération plus équilibrée : ils sont aujourd’hui ramenés à la réalité.

La deuxième leçon concerne Londres. Pour la diplomatie post-Brexit, cet accord marque une étape majeure. Il place la Grande-Bretagne dans le grand bain indo-pacifique, là où, seule, elle n’y serait pas arrivée. Mais surtout il remet les Britanniques dans la roue des Américains.

La suite ici  : Les trois leçons de l’alliance entre l’Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni