La contraception: une «histoire de meufs», l’affaire de tou.tes

Même si la Belgique a la meilleure couverture contraceptive d’Europe, celle-ci reste certainement à améliorer ; on dénombre toujours 20.000 IVG par an et l’on sait que 45 % d’entre elles ont lieu à la suite d’un échec contraceptif causé par une mauvaise utilisation ou par l’inefficacité de la méthode contraceptive (1). S’il est à déplorer que la charge contraceptive repose essentiellement sur les femmes, il reste que ce sont elles qui subissent les conséquences d’un échec contraceptif. Aussi, le choix d’une contraception masculine devrait toujours aller de pair avec la responsabilisation des hommes, ce qui passe entre autres par la généralisation de l’éducation à la vie relationnelle affective et sexuelle (EVRAS) dans le cadre scolaire et les autres milieux de vie, mais aussi par le renforcement de l’accès aux méthodes contraceptives féminines (2).

Cependant, la contraception masculine reste aujourd’hui limitée à des techniques ou méthodes peu efficaces comme le retrait ou le préservatif – dont l’utilisation est souvent décrite comme contraignante mais qui reste la seule contraception qui protège contre les IST et le VIH – et la vasectomie, efficace mais difficilement réversible. Pourtant, bien que de nombreuses pistes de contraception hormonales et non-hormonales aient été explorées, démontrant leur efficacité et acceptabilité, la contraception masculine reste le parent pauvre de la contraception.

Aujourd’hui en Belgique, les jeunes générations questionnent la contraception hormonale féminine ; les demandes pour des méthodes « naturelles » sont en augmentation ; celles de vasectomies encore plus (3) ; certains hommes veulent pouvoir gérer leur contraception ; enfin, la crise des pilules de 3e et 4e génération et la vague #metoo ont amené une demande pour le rééquilibrage de la charge contraceptive au sein des couples hétérosexuels. D’autres voix se font aussi entendre pour l’accès à des contraceptifs masculins fiables, réversibles et abordables : celles de sociétés savantes, de chercheuses et chercheurs de renom, appelant à ce développement. C’est donc un constat : la contraception masculine connaît un intérêt croissant. De surcroît, améliorer son accès permettrait aux hommes de contrôler leur fertilité, pourrait améliorer le contrôle des naissances, la santé reproductive des couples et réduire le nombre de grossesses non prévues. Pourtant à ce jour, il n’existe aucun médicament contraceptif masculin bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché.

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