Tensions dans la Vivaldi : stop ou encore ?

Tant mieux si les partis s’affrontent au sein d’un gouvernement de coalition : c’est à cela qu’ils servent. Si nous votons tous les cinq ans, c’est pour choisir entre des valeurs, des programmes et des visions de la société qui divergent ou qui se contredisent, et dont on considère qu’il revient aux électeurs de les hiérarchiser, de leur accorder plus ou moins de poids à l’aide de leurs votes (les voies alternatives étant la technocratie ou la dictature). S’il n’existait pas de différences profondes au sein de la société, qu’il s’agisse d’intérêts ou d’identités, le vote ne servirait qu’à départager des personnes et non des projets, qu’à choisir les plus vertueux ou les plus compétents. Mais il existe bel et bien des clivages de fond qui ont donné naissance aux principaux partis, et c’est leur rôle de défendre les priorités sur lesquelles ils se sont fait élire : s’ils ne se battaient pas pour cela, on les accuserait de trahir.

Il vaudrait évidemment mieux avoir un gouvernement uni sur les enjeux essentiels, comme la lutte contre les dérèglements climatiques ou contre les inégalités. Mais même sur l’essentiel, des divergences légitimes sont inévitables, comme en témoigne le dossier du nucléaire. Faut-il sortir de cette énergie dangereuse et extrêmement polluante sur le long terme, ou préférer des centrales nucléaires à des centrales au gaz qui émettent de grandes quantités de CO2 ? Quel mix énergétique choisir pour concilier la sécurité d’approvisionnement et le respect de la nature ?

Des questions aussi difficiles se posent dans tous les domaines, et les divisons entre les partis, avant de refléter des calculs électoraux ou des obsessions idéologiques, traduisent la complexité objective de la réalité. Tout le monde n’a pas raison, mais il y a une multiplicité de points de vue parce qu’il y a une multiplicité de facettes dans chaque dossier ou presque, ce que les lobbys en tout genre ne cessent de rappeler aux élus. Avant de déplorer que les partis perdent du temps à s’affronter, réjouissons-nous qu’ils mènent le débat, soulignent des enjeux auxquels d’autres n’ont pas pensé et soient contraints, précisément parce qu’ils ne sont pas d’accord entre eux, à articuler et à hiérarchiser ces enjeux afin de nouer des compromis.

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