L’extrême droite, grande oubliée de la guerre contre le terrorisme post-11 septembre 2001

En septembre 2001, les djihadistes d’Al-Qaida avaient détourné quatre avions: un pour chaque tour du World Trade Center, un troisième pour le Pentagone, et un quatrième pour le Capitole. Le temple de la démocratie américaine avait alors été sauvé in extremis par l’intervention des passagers du vol 93 d’United Airlines, qui ont fait échouer le plan des terroristes, l’avion s’écrasant finalement dans un champ en Pennsylvanie.

Des milliers de milliards de dollars, des centaines de milliers de morts et vingt ans d’interventions militaires plus tard, ce même Capitole sera finalement la cible d’une autre attaque, menée cette fois par des citoyens américains, le 6 janvier 2021. Une «insurrection» conduite par «des terroristes», selon plusieurs membres du Congrès.

Au lendemain du choc, même si le bilan humain (quatre morts) est incomparable, certains commentateurs n’hésitent pas à faire le rapprochement avec la catastrophe du 11 septembre 2001. Un mois après l’émeute, la Chambre des représentants tente de faire passer une loi permettant la création d’une commission d’enquête bipartisane et indépendante censée enquêter sur l’incident, en s’inspirant explicitement de celle créée en 2002 après le 11-Septembre, le projet étant finalement bloqué par les élus républicains au Sénat. Comme en 2001, les services de renseignement, en particulier le FBI, sont aussi accusés de n’avoir pas su s’adapter à une menace émergente malgré l’existence de nombreux signaux d’alerte.

Depuis 2001, les États-Unis ont été frappés par d’autres attaques d’inspiration djihadiste, mais rarement commanditées depuis l’étranger. La fusillade de Fort Hood en 2009 (treize morts) a bien été commise par un homme en contact avec le leader d’Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA), tout comme celle de la base navale de Pensacola en 2019 (trois morts). Mais les attentats de San Bernardino en 2015 (quatorze morts), d’Orlando en 2016 (quarante-neuf morts) et de New York en 2017 (huit morts), ont été perpétrés par des résidents américains se réclamant certes de l’organisation État islamique, mais qui ont agi sans son soutien, les revendications du groupe terroriste étant pour leur part considérées comme opportunistes.

Dans le même temps, ces cinq dernières années, plusieurs tueries de masse perpétrées par l’extrême droite ont endeuillé les États-Unis. En 2019, vingt-trois personnes sont assassinées dans un centre commercial d’El-Paso, au Texas. Le tueur, inspiré par la tuerie de Christchurch en Nouvelle-Zélande et par la théorie raciste du «Grand remplacement», avait déclaré à la police avoir voulu tuer «le plus de Mexicains possible».

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