11-Septembre : des leçons pour l’Amérique

Les attaques quasi simultanées menées ce matin-là par les terroristes d’Al-Qaida à New York et contre le Pentagone à Washington, qui ont coûté la vie à près de 3 000 personnes, tandis qu’un quatrième avion s’écrasait en Pennsylvanie, ont changé les Etats-Unis. La façon dont ils ont réagi a changé le monde.

Ebranlés par cette agression sans précédent sur leur sol depuis Pearl Harbor, unis dans une immense ferveur patriotique, les Américains s’en sont remis, presque aveuglément, à leurs dirigeants. Les voix dissonantes ont été inaudibles. Le président George W. Bush, sous l’influence d’idéologues néoconservateurs aux convictions messianiques, a lancé une « guerre globale contre la terreur » qui devait emmener son pays, militairement et politiquement, bien plus loin que la simple destruction de l’organisation responsable des attentats.

Deux objectifs ont été atteints : Al-Qaida n’a plus jamais commis d’attaques sur le sol américain et son chef, Oussama Ben Laden, a été tué au Pakistan par des commandos américains, au terme d’une traque de dix ans. Le reste est une accumulation d’erreurs de jugement, de mensonges d’Etat, d’opérations mal planifiées dans lesquels hubris et ignorance se sont parfois conjuguées. A de brèves offensives militaires réussies, comme les frappes contre les talibans en 2001 ou la marche sur Bagdad en mars 2003, ont succédé des occupations qui ont tourné au fiasco et fait des dizaines de milliers de morts.

Celle de l’Afghanistan vient de prendre fin piteusement avec le retour des talibans. Celle de l’Irak, décidée sous le faux prétexte de l’existence d’armes de destruction massive, a plongé le Moyen-Orient dans le chaos ; le monde en subit encore les conséquences. George W. Bush et son équipe portent une lourde responsabilité dans ces décisions ; ils furent pourtant réélus en 2004.

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