Le pass sanitaire à Bruxelles : une défaite qui doit éviter une déroute

La décision n’est pas encore prise, mais la possibilité existe, un accord en ce sens est intervenu entre les différents gouvernements. La Flandre et la Wallonie ne l’envisagent pas pour l’instant. Pour Bruxelles c’est une défaite. C’est d’abord l’échec de la capacité d’instaurer un climat de confiance autour des vaccins. Mais cet échec est lié en grande partie à la structure de la population bruxelloise, plus précarisée, plus diverse, plus jeune et donc beaucoup plus compliquée à toucher qu’une population plus aisée, plus âgée et plus homogène. Malheureusement, la carte de la vaccination est largement corrélée à celle du niveau socio-économique des Bruxellois et est désormais aussi corrélée à la carte des infections. Moins on est riche, moins on se vaccine et plus on est infecté.

La nouvelle stratégie de vaccination bruxelloise, avec entre autres des bus qui sillonnent les grandes zones commerciales, n’a pas encore réussi à inverser la tendance. Au contraire même, il faudrait 16.000 vaccinations par semaine pour que Bruxelles atteigne ses objectifs, on est péniblement à 9000, un chiffre en baisse par rapport à la semaine précédente.

Un autre chiffre inquiète, c’est celui des jeunes, avec la rentrée scolaire. Là où la Flandre a vacciné 70% des 12-17 ans, la Wallonie la moitié, Bruxelles en a seulement vacciné 18%.

On vit dans un pays où l’idée dominante est celle que chaque région mérite son sort, mérite ce qui lui arrive. Bruxelles (et la Wallonie aussi d’ailleurs) est déjà accusée par Bart De Wever de « prendre la Flandre en otage » en n’arrivant pas à vacciner aussi vite que le Nord. Imaginez si une quatrième vague survient à Bruxelles et pas ailleurs de manière uniforme, seule Bruxelles devra en supporter le prix. La capitale devra faire seule face à ses hôpitaux bondés, seule face à un nouveau lockdown, seule, comme si elle méritait son sort.

Bien sûr on peut trouver cela injuste. Mais la réalité politique est celle-là. Les responsables politiques bruxellois, PS en tête, ont senti le vent tourner, ce sont eux qui ont réclamé le pass sanitaire, pour éviter de devoir mériter bien pire que ça dans les prochaines semaines.

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