L’argent des Talibans

Il faut savoir que l’Afghanistan (selon un rapport des Nations Unies) produit actuellement 84% de l’opium mondial dont les revenus – 416 millions de $ par an – vont dans leur écrasante majorité aux Talibans qui pratiquent une gestion en bonne et due forme de ce qui est désormais une «industrie» taxée à hauteur de 10 à 20% de son chiffre d’affaires. Les minerais représentent par ailleurs une source de profits substantielle car les Talibans se font en moyenne 500 millions de $ l’an en autorisant les exploitants à poursuivre leur extraction de cuivre, d’or, de zinc, de marbre et d’autres métaux dont certains très rares. Ce business est véritablement mafieux puisque les patrons de mines refusant ce type d’extorsions reçoivent dans un premier temps des menaces de mort avant d’être liquidés. Cet «impôt», qui est également prélevé sur la population et sur l’ensemble du milieu des affaires et du commerce évoluant dans les zones dominées par les Talibans, leur a jusque-là rapporté 160 millions de $ par an, chiffre qui inclut une taxe de 10% sur les récoltes et l’impôt islamique sur la fortune – “Zakat”-  de 2.5% sur les richesses détenues par les familles.

Les exportations de matériaux volés par les Talibans (dont des armes Made in USA) et du minerai subtilisé aux exploitants leur procurent en outre 240 millions de $, auxquels doivent s’ajouter 80 millions de revenus immobiliers émanant entres autres du Pakistan. Les donations aux Talibans, enfin, représentent 250 millions de $ l’an, provenant d’institutions «charitables» et de trusts privés à travers le monde, principalement bien-sûr du Golfe Persique dont bien des pays et des citoyens éprouvent une grande sympathie pour la cause Talibane. Le contre-terrorisme américain estime que 60 millions de $ sont offerts annuellement aux Talibans par des citoyens saoudiens, pakistanais, qataris et iraniens. Il faut également être conscient du fait que les Etats de ces pays abreuvent les Talibans à hauteur de 500 millions l’an, selon les mêmes sources qui reconnaissent toutefois que ces chiffres sont compliqués à vérifier car les pays donateurs usent évidemment de moyens de paiement échappant à tout contrôle.

La suite ici : L’argent des Talibans – Michel Santi